arctique acidification des océans

Les océans arctiques deviennent de plus en plus acides, et la situation est pire que prévu

Clément Fournier - Rédacteur en chef

Youmatter

Formé à Sciences Po Bordeaux et à l'École des Mines de Paris aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques, Clément est depuis 2015 rédacteur en chef de Youmatter.

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Les océans des zones arctiques sont en voie d’acidification. Un phénomène grave qui pourrait détruire une bonne partie des écosystèmes océaniques.

Partout dans le monde depuis quelques décennies on observe ce que l’on appelle l’acidification des océans. En cause ? Nos émissions de CO2, encore elles.

En effet, lorsque l’atmosphère se charge en CO2, une bonne partie (un tiers à la moitié) de ces gaz se dissolvent en fait progressivement dans l’eau des océans. Une fois dissous, ces gaz produisent entre autre de l’acide carbonique, qui rend l’océan de plus en plus acide : son pH baisse.

L’acidification des océans a de nombreuses conséquences : elle ralentit le développement du plancton, qui produit une bonne partie de l’oxygène terrestre ; elle contribue à affaiblir les coraux et les autres organismes constitués de calcaire ou de dérivés de calcium ; elle perturbe les cycles biologiques des animaux marins.

Or une étude publiée dans la revue Nature vient de mettre en évidence que l’acidification des océans pourrait être pire que ce qu’avaient laissé entendre les précédentes estimations, notamment dans l’océan Arctique.

Prévoir l’acidification des océans

Les modèles de prévision climatiques ou environnementaux sont complexes : ils fonctionnent en analysant et en comparant des centaines de variables, sur des dizaines d’hypothèses différentes, pour tenter de comprendre comment peuvent évoluer les écosystèmes en fonction des changements qu’on leur fait subir.

Depuis des dizaines d’années, ces modèles sont de plus en plus perfectionnés et de plus en plus fiables. On arrive désormais à prédire avec une très bonne précision l’évolution des températures en fonction de l’augmentation de la concentration en CO2 de l’atmosphère, ainsi que d’autres phénomènes comme le déplacement et la transformation des régimes de pluie ou de vents.

Très récemment, des chercheurs issus de centres de recherches français (Ecole Normale Supérieure/PSL Université, CNRS, Ecole Polytechnique, Sorbonne Université, Paris, France) ont ainsi mis à jour les modèles destinés à évaluer la façon dont l’acidité des océans évolue en fonction des émissions de CO2, grâce à la méthode dite “des contraintes émergentes”.

L’acidification des océans plus importante que prévue

Grâce à ces nouvelles méthodes, les chercheurs ont étudié la façon dont les évolutions atmosphériques affecteront les eaux Arctiques. Leurs résultats montrent que dans l’hypothèse où le CO2 continuerait à augmenter au cours du XXIe siècle, l’océan Arctique pourrait en absorber 12 % de plus que prévu par les précédents modèles.

Résultats, cet excès de CO2 conduirait à une acidification plus importante des eaux arctiques, notamment entre 200 et 1 000 mètres de profondeur, zones de développement fondamentale pour les organismes aquatiques.

Il est donc probable que ces écosystèmes deviennent encore plus fragile que l’on l’imaginait avec les précédents modèles climatiques.

Des effets en chaîne sur les écosystèmes

Les zones arctiques sont déjà les plus exposées à la hausse des températures, et cette acidification supplémentaire pourrait encore fragiliser ces écosystèmes indispensables aux équilibres planétaires.

En effet, l’étude suggère qu’une très grande partie de l’océan arctique pourrait être sous-saturé en calcite d’ici la fin du siècle, avec des conséquences sur tout l’écosystème.

La chaîne alimentaire pourrait être bouleversée par la disparition progressive du plancton, les crustacés pourraient être exposés à une diminution significative de leur habitat, et tout cela pourrait affecter rapidement les mammifères et grands animaux arctiques.

Ces modifications biochimiques et physiques pourraient également contribuer à transformer encore plus vite la région qui sert de tampon au réchauffement climatique global, exacerbant donc encore le phénomène.

Il s’agit donc d’une véritable situation de réaction en chaîne qui pourrait s’opérer bien plus vite qu’on ne l’avait anticipé.

Photo par Willian Justen de Vasconcellos sur Unsplash

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