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Cinq astuces pour réduire ses déchets alimentaires au quotidien

Emma Henrich

Emma est experte RSE, spécialisée sur les sujets juridiques et le droit de l'environnement.

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En 2012, chaque français a produit plus de 360 kilos de déchets ménagers, soit deux fois plus qu’il y a quarante ans selon l’ADEME. Parmi ces déchets, 29 kilos étaient constitués uniquement d’aliments, dont 7 kilos encore emballés ! Diminuer ses déchets alimentaires est sans doute l’étape la plus évidente pour contribuer à réduire ses déchets ménagers. Mais comme il est difficile de savoir par où commencer, voici cinq astuces pour vous aider à réduire vos déchets alimentaires.

1 – Achetez différemment !

Réduire ses déchets alimentaires passe tout d’abord par la réduction des emballages plastiques inutiles. Qui n’a jamais vu quatre malheureuses pommes déposées sur une barquette en carton elle-même emballée dans du plastique ? Ou un lot de deux yaourts – chacun dans un contenant en plastique – lui-même surmonté d’un emballage en carton ? Le fait de multiplier ce type d’emballages n’a aucun intérêt, car il n’apporte rien pour la conservation du produit.

D’ailleurs, ce type d’emballages n’est que la partie visible par les consommateurs : il s’agit seulement de l’emballage primaire. En effet, il existe trois types d’emballages différemment utilisés dans les circuits de distribution :

  • L’emballage primaire déjà évoqué, également appelé emballage de vente, pour mettre à disposition des consommateurs les unités de vente.
  • L’emballage secondaire ou emballage de groupage, qui regroupe plusieurs unités de vente. Typiquement, il s’agit du carton destiné à regrouper les packs de yaourts.
  • L’emballage tertiaire ou emballage de transport, dont le but est de faciliter le transport et la manutention des produits. Ainsi, les palettes ou caisses en bois utilisés dans la grande distribution pour sortir les produits lors des livraisons sont des emballages tertiaires classiques.

En tant que consommateur, il est difficile d’agir sur les emballages secondaires ou tertiaires. Précisons qu’ils sont d’ailleurs considérés comme des déchets industriels et non ménagers. En revanche, de nombreuses astuces peuvent être mises en place pour limiter les emballages de vente (primaires) :

  • Faites une liste de courses avant vos achats. On a vite fait d’oublier qu’il nous restait un paquet de spaghettis ou une boîte de concentré de tomates. Et on accumule vite les doublons.
  • Adapter les quantités aux besoins de votre famille. Si vous n’êtes que deux, vous n’avez sans doute pas besoin d’acheter un pack de pains au lait sous prétexte que le deuxième est à moitié prix.
  • A choisir, lorsque plusieurs types de conditionnement sont disponibles pour une même quantité, privilégiez celui qui génèrera le moins de déchets. Cela est particulièrement valable pour les produits laitiers : on trouve à la fois des yaourts vendus par quatre ou en pot d’un demi kilo (à 100 g près, c’est la même chose… A la seule différence qu’il n’y aura pas quatre pots mais un seul à la fin !).
  • Changer vos habitudes d’approvisionnement. Un marché hebdomadaire se tient près de chez vous ? Un magasin en vrac à ouvert ? N’hésitez pas à tester ces modes de distribution « alternatifs ». Ils permettent non seulement de recréer du lien social, puisqu’il faut parler au maraîcher ou au vendeur pour connaître les informations sur les produits, mais surtout ils évitent l’excèdent d’emballages. Sans parler du fait qu’on y trouve en plus facilement des produits biologiques, de saison et locaux !

2 – Pensez aux sacs réutilisables

Les supermarchés ont été contraints d’arrêter la distribution massive de sacs en plastique lors du passage en caisse. C’est pourquoi ces derniers sont désormais payants, mais souvent encore trop peu chers pour que les consommateurs soient dissuadés d’en acheter.

Pensez donc à amener vos propres sacs réutilisables, cabas et petits sacs pliables. Et pour faire encore mieux, à choisir, privilégiez les sacs en toile.

En cas d’oubli ou de course non prévue un soir de semaine, si vous devez payer pour un sac, privilégiez les sacs en papiers. La plupart des supermarchés proposent les deux options : sacs en plastiques et sacs en papier.

3 – Apprenez à vous servir de votre réfrigérateur  

Les articles qui vantent la pratique du batch cooking font florès ces derniers temps. Cet anglicisme peut se traduire par « cuisson par lots » et le concept est en réalité tout simple : il consiste à prendre quelques heures un soir en semaine ou le week-end pour cuisiner en plus grandes quantités les aliments, avant de les stocker dans des boîtes hermétiques. Cela limite le gaspillage car les préparations sont toutes faites et le manque de courage pour se lancer dans la découpe d’un potimarron n’est plus une excuse valable pour le laisser pourrir.

Mais qu’on soit adepte ou non de cette pratique, pour éviter de jeter des légumes ou un reste de lasagnes oublié dans un tupperware, il convient d’avoir à l’esprit certaines règles de conservation dans son réfrigérateur :

  • D’abord, il faut savoir que la température d’un réfrigérateur est généralement comprise entre 0 et 4° mais n’est pas homogène partout : la partie haute est la plus froide, tandis que la partie la plus basse – le bac à légumes – est la partie la plus chaude et peut atteindre dix degrés.
  • Ensuite, il faut ranger les aliments selon la vitesse à laquelle ils deviennent périssables.
    • Les viandes et plats préparés ont en général une durée de conservation courte, il convient donc de les placer dans la partie haute du frigo (0 à 4°).
    • Puis, dans la partie intermédiaire (5 à 7°), on place les viandes, poissons et légumes cuits, les produits laitiers, les fromages frais.
    • Dans le bac à légumes (8 à 10°), on conserve les fruits et légumes ainsi que les fromages.
    • Enfin, dans les portes,  la température est plus volatile (entre 5 à 15°) mais on peut y mettre le beurre, les œufs et les boissons.

Source : Ministère agriculture et de l’alimentation.

4 – Respectez la durée de conservation de vos aliments !

Respecter les temps de conservation des aliments semble relever du simple bon sens. Cependant, un grand nombre de personnes ne fait pas la différence entre DLC et DDM et la généralisation des dates sur la plupart des produits achetés nous ont fait peu à peu oublier les règles de base.

En effet, on distingue deux catégories de date pour les produits alimentaires (il existe aussi une date de congélation, indiquant la première congélation d’un produit, mais ce n’est pas l’objet) :

  • La Date Limite de Consommation (DLC) qui est la date au-delà de laquelle il ne faut pas consommer les produits, car la consommation pourrait se révéler dangereuse. Cette date se retrouve sur les produits alimentaires périssables et emballés, comme la viande découpée. Elle est indiquée par la mention « A consommer jusqu’au… » suivi de la date.
  • La Date de Durabilité Minimale (DDM), qui vient remplacer la Date limite d’Utilisation Optimale (DLUO). Cette date est indicative. Une fois dépassée, le produit reste consommable, même s’il perd en qualités nutritives et gustatives. Mais surtout, il n’est pas dangereux pour la santé. La DDM se retrouve notamment sur les produits secs ou stérilisés comme le café, les gâteaux secs ou encore les conserves. Elle est précédée de la mention « A consommer de préférence avant le… ».

Ces précisions faites, encore faut-il avoir une idée de la durée de conservation des aliments de manière générale, car on ne conserve pas aussi longtemps du poisson cru que du poisson cuit, des fruits que des œufs…

Aliment  Réfrigérateur  Congélateur
Légumes et fruits frais Entre 2 à 7 jours 1 an
Légumes cuits             Entre 2 à 4 jours 1 an
       Viandes et poissons crus 2 à 3 jours Entre 2 à 6 mois
Viandes et poissons cuits Entre 2 à 4 jours Entre 2 à 6 mois
Yaourts 2 à 3 semaines 1 mois
Lait (ouvert) 3 à 5 jours 6 semaines
Beurre 3 semaines 3 mois (doux) – 1 an (salé)
Oeufs (crus) 1 mois **
Féculents cuits Entre 3 à 6 jours 6 mois
Ketchup, moutarde Environ 1 an **

5 – Triez vos déchets et mettez vous au compost !

Pour les parisiens, plus d’excuses depuis le 1er janvier 2019 : quasiment tous les contenants alimentaires peuvent désormais être mis dans le bac jaune (poubelle recyclable).

Pour les autres, pas de panique. Si les règles varient selon les régions, quelques règles de bases sont valables partout et permettent déjà de réduire sa quantité de déchets alimentaires :

  • Pour les déchets organiques (épluchures, coquilles d’œufs, trognons de fruits), le compost est la meilleure manière de les valoriser. Tout le monde peut faire du compost, pas seulement les heureux propriétaires de jardins. En effet, il existe de plus en plus dans les villes des composts de quartier, mais il est tout à fait possible également de mettre en place des composts aux pieds des immeubles ou même de faire du compost à l’intérieur, en utilisant un lombricomposteur. Et contrairement aux idées reçues, en respectant certaines règles le compost ne dégage pas d’odeurs et n’attire pas les nuisibles.
  • Pour le verre, toutes les communes et villes disposent de bacs à recyclage, il suffit donc de trouver le plus proche de chez soi (et de prendre le soin d’enlever les bouchons). Certaines agglomérations dont la capitale ont même développé des poubelles spécifiques pour le verre. Aucune excuse donc.
  • Pour les papiers et les cartons, il suffit également de les déposer dans le bac adéquat pour les citadins ou les sacs distribués dans les communes et ne pas oublier de les sortir le jour du passage des services qui s’en chargent.
  • Les choses sont plus compliqués pour les emballages en plastique car certaines villes recyclent tous les contenants en plastiques, souillés ou non, d’autres n’en acceptent que certains. Il convient donc de se renseigner sur le site de sa commune ou ville.
  • Les produits métalliques, comme les conserves en aluminium ou en acier, sont également des produits qui se recyclent. Il faut donc les mettre dans le bac, le sac ou le conteneur spécifiques à ce type de déchets, selon les consignes communales.

Si vous avez encore des doutes sur un déchet ou une catégorie de déchets en particulier, l’ADEME a développé un site destiné à orienter les particuliers. Ce dernier est consultable ici. Vous n’avez désormais plus d’excuses pour ne pas diminuer votre quantité de déchets alimentaires !  

Crédit image : poubelle sur Shutterstock

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