Composition, lieu de fabrication, labels, que faut-il regarder avant d’acheter un vêtement ? Quelques pistes pour un shopping plus éthique et éco-responsable

Les étiquettes ne sont pas là que pour gratter… Elles donnent des informations sur le produit, à la fois sur sa composition mais aussi sa provenance etc.

Acheter moins mais mieux résonne comme une évidence au regard des chiffres sur les impacts sociaux et environnementaux de l’industrie de la mode.

Dans cet article, on vous apprend à déchiffrer les étiquettes de vos vêtements pour déceler les pièces éco-responsables.

Identifier les matières éco-responsables

Un vêtement éco-responsable est généralement composé de matières recyclées, naturelles et/ou biologiques. Quelles sont alors les différentes textiles, et leurs avantages et leurs inconvénients ?

Le coton conventionnel

Le coton a beau être une matière naturelle, il génère des impacts environnementaux importants. Consommateur d’eau, gourmand en insecticides, le coton conventionnel peut faire augmenter l’impact environnemental de nos vêtements. Son avantage, c’est qu’il est aujourd’hui peu cher comparé aux cotons bio, car plus facile à produire.

La viscose

La viscose est obtenue grâce à un procédé chimique qui recrée des fibres artificielles à partir de cellulose végétale. Sa production génère une pollution de l’air, de l’eau et des impacts sur la santé humaine d’après cette étude de 2017 menée en Chine, en Inde et en Indonésie. A part rendre au tissu un fini fluide et brillant, la viscose a un intérêt limité car elle n’absorbe pas l’humidité et ne retient pas la chaleur. C’est pourtant une matière polyvalente présente dans les robes, jupes, pantalons, t-shirts…

Les poly- : polyester, polyamide (Nylon®), polyuréthane (Lycra®)

Ces fibres synthétiques sont issues d’un procédé chimique à base de pétrole. Elles ont aussi le point commun de rejeter des centaines de milliers de microparticules de plastique au lavage, si petites qu’elles ne sont pas toujours filtrées par les stations d’épuration.

On retrouve le polyuréthane (appelé Lycra) et le polyester dans nos vêtements de sport et maillots de bain. A noter que l’élasthanne et le spandex sont des dérivés du polyuréthane donc lui aussi issu de la pétrochimie. Le polyamide, plus communément appelé le Nylon se retrouve dans les collants et les doudounes.

L’acrylique

Fabriquée à partir d’huile minérale ou d’autres hydrocarbures, elle est dérivée du pétrole aussi et rejette des microparticules de plastique au lavage. Ce tissu ne respire pas et bouloche rapidement.

On l’utilise pour la peinture mais aussi dans l’industrie du textile pour confectionner des fausses fourrures ou encore des pulls. Elle est généralement mélangée à d’autres fibres pour rendre les habits plus doux et souples.

Peaux, poils, fils

Parmi les matières animales, on peut citer le cuir qui peut être issu de nombreux animaux comme le boeuf, le porc, le buffle, etc. On a aussi la fourrure (vison, lapin…) ou encore la laine qui provient généralement du mouton mais aussi de la chèvre (mohair et cachemire), du lapin (angora), de l’alpaga… Quant à la soie, elle est produite grâce à des insectes.

Ces matières, si elles sont de qualité, permettent de produire des vêtements durables. Le problème c’est que sans label sérieux, il est difficile de connaitre les conditions de vie des animaux élevés pour nos vêtements.

Le coton bio

Pour être considéré comme issu de l’agriculture biologique, 95% des fibres au minimum doivent provenir d’un champ certifié biologique. Par ailleurs, elles sont blanchies à l’eau oxygénée et non au chlore comme c’est le cas des fibres de coton conventionnelles. Les intrants de synthèse sont interdits et le processus de transformation est contrôlé, comme l’interdiction d’utiliser des métaux lourds dans les teintures. Son processus de production est également moins gourmand en eau. Son impact environnemental est donc meilleur que celui du coton traditionnel, mais il est plus gourmand en main d’oeuvre, et souvent plus cher, car moins productif.

Le lin

Cette fibre ne nécessite pas ou peu d’eau ou d’engrais. Par ailleurs, la France qui est le premier pays producteur mondial de lin concentre 80% de la production, ce qui en fait un tissu intéressant pour la consommation de vêtements locaux. On retrouve également beaucoup de cultures en Belgique ou aux Pays-Bas.

Le chanvre

Tout comme le lin, le chanvre nécessite peu voire pas d’eau ou d’engrais, et la France en est également le premier producteur à travers le monde. Il est hypoallergénique, non-allergisant, non-irritant et sa fibre a la particularité d’être très résistante.

Le lyocell (ou Tencel)

Cette matière biodégradable est issue de la pulpe de bois d’eucalyptus, de bambou ou de feuillus généralement. La cellulose, protéine naturellement présente dans le bois est extraite puis dissoute dans un solvant non-toxique et récupéré à plus de 97%. Son empreinte écologique est relativement faible.

La société Lenzig lyocelle, pionnière dans ce domaine, a d’ailleurs été lauréate du prix européen de la meilleure technologie pour le développement durable en 2000.

Les fibres synthétiques recyclées

Des déchets plastiques ou textiles comme des bouteilles, des filets de pêche, de vieux vêtements ou des chutes de tissu sont récupérés, broyés et ramenés à l’état de fibre. Ces fibres sont ensuite torsadées pour obtenir un fil qui peut de nouveau être employé dans la confection de vêtements.

Ce processus permet d’économiser de l’eau et d’éviter des déchets et des rejets de CO2. On peut citer l’Econyl® obtenue à partir du Nylon®. Il s’agit d’une alternative intéressante mais qui reste imparfaite en raison des microparticules de plastique qui se dégage du Nylon®, dérivé du pétrole.

Répérer le lieu de fabrication

Pour être éco-responsable, un vêtement doit donc être conçu dans des matières aux impacts environnementaux plus faibles. Mais ce n’est pas tout. Le lieu de fabrication conditionne le temps de transport pour acheminer le produit et les conditions de travail des employés qui confectionnent nos vêtements.

Limiter le temps de transport

Saviez-vous qu’un jean peut parcourir jusqu’à 65 000 km soit une fois et demie le tour de la Terre entre le champ et la boutique avant d’arriver jusqu’au consommateur ?

Selon le mode de transport utilisé, cela peut générer des impacts environnementaux importants. D’autre part, la production des vêtements dans certains pays est parfois associée à des conditions de travail très difficiles. Il est donc parfois utile de choisir des vêtements produits localement.

Seulement voilà, certaines matières premières comme le coton ne poussent pas en France, ni dans les pays voisins et la production ne peut donc pas être 100% locale. Il faut donc être capable d’identifier les lieux de production qui peuvent fournir des vêtements produits dans des conditions éthiques et écologiques.

La question des conditions sociales

On se souvient ainsi de l’effondrement de l’usine Rana Plaza au Bangladesh, responsable de 1137 morts le 13 avril 2014, qui a dévoilé les coulisses déplorables de la fabrication de nos vêtements à l’autre bout du monde, où la législation est faible voire inexistante en matière de droit du travail.

Certains pays ont des normes sociales, un code du travail, une législation qui limitent le risque d’exploitation des travailleurs, de travail infantile ou encore d’insécurité sur le lieu de travail. On peut en général se fier aux vêtements produits en France mais aussi en Italie, en Espagne ou encore au Portugal, voire en Roumanie.

Si votre vêtement a été fabriqué dans des pays plus lointains aux conditions sociales moins « sûres », les labels sérieux offrent une garantie fiable.

Repérer les engagements de la marque

Identifier les labels de la mode éthique

Le label facilite le choix des consommateurs. Il vient certifier une production bio, locale, écologique, équitable, ou dans le respect des critères sociaux par exemple, selon un cahier des charges précis.

Et tous les labels ne sont pas fiables. A minima, pour qu’un label soit considéré comme sérieux, il faut plusieurs critères.

  1. C’est à une tierce partie indépendante d’attribuer le label, gage d’assurance qu’il n’y ait pas de tricherie.
  2. Elle doit se baser sur un référentiel strict et fiable.
    On peut prendre l’exemple du « Made in France » estampillé sur de nombreuses étiquettes de nos vêtements alors même que la matière peut provenir de l’autre bout du monde, et qu’elle a été tissée encore ailleurs. Cela souligne un manque de transparence pour le consommateur.
  3. Le label doit couvrir l’ensemble des phases du produit dans le domaine qu’il souhaite certifier, dans une logique de cohérence.
    Par exemple, inutile d’avoir un emballage éco-responsable pour le produit si sa production a nécessité de nombreux intrants chimiques ou contribué à la déforestation…

C’est pourquoi il est important de connaître ceux auxquels se fier. Voici les plus courants dans l’industrie textile :

Il y a ceux concernant…

  • Le respect de l’environnement : GOTS, Ecolabel européen, Organic Content standard (OCS 100), Oeko-Tex, Ecocert textile
  • Les critères sociaux : GOTS, Fair Wear Foundation, Fairtrade, World Fair Trade Organization, SA 8000
  • Le bien-être animal : Peta approved vegan, RWS (responsible wool standard), RDS (responsible down standard
  • La fabrication française : Origine France garantie

La notion de transparence

Quand bien même un vêtement vous plairait mais que vous vous apercevez qu’il ne porte pas de label, ne désespérez pas.

Obtenir un label coûte parfois très cher. Vous pouvez vous renseignez sur les engagements de la marque et sur sa transparence vis-à-vis du processus de production. Une marque a toujours la possibilité d’être transparente sur ses choix de production, c’est-à-dire où elle produit, dans quelles conditions, quelle relation elle entretient avec l’usine partenaire… À vous ensuite de choisir si vous souhaitez y accorder votre confiance.

Maintenant, vous voilà parés pour trouver les plus belles pièces éthiques et éco-responsables !

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