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5 conseils pour un ménage plus écologique et économique !

Emma Henrich

Emma est experte RSE, spécialisée sur les sujets juridiques et le droit de l'environnement.

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Les français se tournent de plus en plus vers des produits d’entretien basiques et peu chimiques pour faire le ménage. En effet, 78 % des consommateurs estiment que les produits ménagers sont néfastes pour la santé selon une étude IFOP, réalisée pour Maison Verte. Nous sommes de plus en plus attentifs à qualité de notre air intérieur, aux allergènes et aux perturbateurs endocriniens. Sauf que passer des produits ménagers traditionnels (et très chimiques) à une gamme plus respectueuse de l’environnement n’est pas si simple. Voici donc cinq conseils pour vous aider à faire le ménage de manière plus écologique… Et économique !

1 – Sachez décrypter les pictogrammes

Les produits ménagers sont souvent constitués de produits chimiques qui peuvent avoir des effets pour la santé ou l’environnement. Comprendre les dangers auxquels on s’expose ou on expose l’environnement est donc la première étape pour choisir des produits moins nocifs.

Les pictogrammes présents au dos des produits dangereux constituent à ce titre une aide précieuse. Encore faut-il les comprendre. Les règles relatives à ces pictogrammes ont été harmonisé par le règlement européen CLP (règlement n° 1272/2008 relatif à la classification, à l’étiquetage et à l’emballage des substances chimiques et des mélanges).

Le texte reprend le système général harmonisé des Nations Unis (SGH) et comprend neuf pictogrammes différents.On peut les classer en trois grandes familles :

  • Les pictogrammes de dangers physiques (produits dont les propriétés physico-chimiques les rendent inflammables, explosifs, ou corrosifs) ,
  • Les pictogrammes de dangers pour la santé, ce qui concerne surtout les produits toxiques ;
  • Les pictogrammes de dangers pour l’environnement, qui concerne donc les produits éco-toxiques.

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2 – Découvrez les multiples vertus du vinaigre blanc

Maintenant que vous comprenez les pictogrammes qui se trouvent derrière vos produits d’entretien, vous avez sans doute encore plus envie d’en changer : toxiques pour l’environnement, la santé… Sans parler du fait que les indications sur les étiquettes fournies par les fabricants sont souvent peu claires, comme l’a constaté l’ADEME dans un récent rapport.

Pour commencer à changer en douceur, le plus simple est de débuter avec du vinaigre blanc. Peu onéreux, on le trouve partout et ses vertus sont multiples.

Tout d’abord, le vinaigre blanc dissout le calcaire, on peut donc s’en servir pour détartrer à la fois la robinetterie, les cafetières et bouilloires. Pour les bouilloires en particulier, il suffit de mélanger de l’eau et du vinaigre (dans des proportions à peu près similaires), de faire chauffer et d’attendre un peu, avant de rincer à l’eau claire plusieurs fois.

Le vinaigre a aussi des propriétés dégraissantes intéressantes pour nettoyer casseroles ou plats. Il suffit de laisser tremper une demi-journée un fond de vinaigre dans l’élément à nettoyer et d’un peu d’huile de coude. Vous pouvez également porter le vinaigre à ébullition, mais prenez garde alors à couvrir la casserole, car les vapeurs sentent très fort.

Enfin, le vinaigre blanc a des propriétés anti-bactériennes : vous pouvez vous en servir pour nettoyer les WC ou la litière de votre matou, car il élimine aussi les mauvaises odeurs.

3 – Apprenez à vous servir du bicarbonate de soude

Outre le vinaigre, l’autre élément phare du nettoyage écologique est le bicarbonate de soude. Le NaHCO3, hydrogénocarbonate de sodium, est une fine poudre blanche qui a de multiples usages.

Ce produit, qu’on trouve dans les magasins biologiques et certaines grandes surfaces, permet entre autres :

  • D’enlever les tâches d’huile ou de sang sur un tissu en le mélangeant avec du citron.
  • De blanchir le linge. Pour cela, il suffit de laisser tremper avant lavage les tissus à blanchir dans de l’eau bouillante dans laquelle on verse un peu de bicarbonate de soude.
  • De désodoriser. Le bicarbonate a en effet la propriété d’absorber les odeurs. Il suffit d’en mettre une coupelle dans le frigo, d’en saupoudrer sur les tapis ou moquettes (il faut ensuite frotter avec une brosse et aspirer), ou encore dans le cendrier pour éviter l’odeur de tabac froid lorsqu’il est vidé dans la poubelle.
  • De récurer. Le bicarbonate de soude est granuleux, ce qui lui confère des propriétés abrasives. En le mélangeant avec de l’eau, on obtient une pâte qui permet de retirer en frottant les traces de nourritures sur les plaques de cuisson ou les casseroles, mais aussi d’enlever le calcaire sur les robinets.
  • Enfin, le bicarbonate de soude permet aussi de faire briller la vaisselle. Pour cela, il faut frotter les éléments à faire briller avec un chiffon humidifié et saupoudré de bicarbonate et de retirer l’excédent avec un torchon sec.

4 – Arrêtez avec les éponges et autres lingettes jetables

Les éponges se retrouvent dans la plupart des cuisines voire des salles de bain. Elles sont pourtant un non-sens, tant au niveau sanitaire qu’écologique. D’après une étude allemande, chaque centimètre cube d’éponge contiendrait plusieurs milliers de germes, dont des bactéries dangereuses pour l’Homme ! Parmi celles-ci on retrouve notamment Escherichia coli, charmante bactérie qui peut se loger dans le tube digestif et provoquer des diarrhées sanglantes. Cette prolifération bactérienne vient du fait que l’éponge est constamment humide, donc propice à leur développement… Même quand elle est suspendue pour éviter de rester humide trop longtemps.

En outre, l’éponge est soit en mousse de résine (un dérivé du pétrole, super !), soit constituée d’un mélange de viscose issue de la pulpe du bois et de coton, soit est constituée par le squelette d’un organisme marin vivant :  le dermosponge. Outre l’éponge d’origine animale, la production des éponges est donc polluante et chimique, d’autant qu’il faut régulièrement en changer.

Quelles sont les alternatives ? On en distingue essentiellement deux : le tawashi ou le chiffon en microfibre. Le premier est d’origine japonaise : il s’agit d’un tissage de vieux tissus, lavable en machine. Le chiffon en microfibre est pour sa part plus connu en France et se trouve dans de nombreux magasins. Il a l’avantage d’être lavable et multi-fonctions : sec, il permet de faire la poussière, humide de laver la vaisselle. Evidemment, ces deux alternatives ne permettent pas de frotter certains restes accrochés à la vaisselle sale comme le côté vert de l’éponge. Mais pour cela, on s’équipe d’une brosse en bois, dont on peut recycler la tête une fois usagée.

Dans le même ordre d’idées, on évite les lingettes sèches pour faire la poussière car avec leur usage unique, elles produisent inutilement des déchets. Qui plus est, les chiffons en vieux tissus font très bien l’affaire, tout comme les tissus en microfibre.

Il en est de même pour les lingettes humides : elles sont imbibées de produits chimiques toxiques et n’ont vocation à être utilisées qu’une fois. En plus d’être assez chères. On les remplace aussi par des chiffons sur lesquels on verse du vinaigre et quelques gouttes d’huiles essentielles.

5 – Faites vos produits maisons (à défaut optez pour des produits éco-labellisés)

Maintenant que vous avez compris les pouvoirs magiques du bicarbonate de soude et du vinaigre blanc, vous pouvez passer à l’étape supérieure : faire vous-même vos produits d’entretien.

Alors, ok, pour certains produits, il y a des bases à connaître. Cela nécessite au préalable un travail de recherches pour comprendre les « recettes » de préparation et un peu de matériel. Mais une fois passée ce cap, faire vos propres produits ne vous prendra pas plus de temps que de chercher dans les rayons du supermarché le produit miracle qui fera briller votre linge ou votre salle de bain.

En outre, c’est économique : s’il faut investir dans quelques ingrédients et huiles essentielles au départ, ils se conservent sans problèmes et servent de base à de nombreuses préparations. Ces achats sont donc très vite rentabilisés.

Au final, les principaux ingrédients pour réaliser vos propres produits sont :

  • Le vinaigre blanc ;
  • Le bicarbonate de soude ;
  • Les huiles essentielles. Pour commencer deux suffisent : l’une aux pouvoirs antiseptiques et/ou antifongiques comme l’huile essentielle de tea tree ou d’eucalyptus et une dont on apprécie l’odeur, comme la lavande ou la citronnelle ;
  • Les cristaux de soude (anti-calcaire, ils sont parfaits pour blanchir le linge) ;
  • Le savon de Marseille (sans glycérine ni huile de palme)
  • Le savon noir, à l’huile d’olive ou de lin.

A noter toutefois que pour les produits soient efficaces, il faut respecter certains dosages, notamment relatifs à la quantité d’eau par rapport au vinaigre, et quelques règles comme pour la lessive maison qui a tendance à durcir et qu’il faut donc mettre dans le tambour de la machine.

Avant de se lancer, on s’informe donc bien. Pour cela, une multitude de sites, blogs et d’ouvrages sont disponibles.

Par ailleurs, si fabriquer vos propres produits vous semble trop ambitieux, commencez déjà par lire les étiquettes de ce que vous achetez et surtout privilégiez les produits simples, le plus naturel possible et ayant fait l’objet d’une certification confirmant qu’il n’est pas (trop) toxique pour vous, ni pour l’environnement.

Avec ces quelques conseils, vous n’avez plus d’excuses pour ne pas commencer à changer vos habitudes de nettoyage !

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