decroissance pour contre arguments

Clément Fournier - Rédacteur en chef

Youmatter

Formé à Sciences Po Bordeaux et à l'École des Mines de Paris aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques, Clément est depuis 2015 rédacteur en chef de Youmatter.

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La décroissance semble faire peur. Est-ce justifié ? Qu’est-ce que la décroissance, et qu’implique-t-elle ? Tentons de comprendre.

Depuis quelques années, on parle de plus en plus de “décroissance”. Collapsologues, militants écologistes, économistes hétérodoxes : nombreux sont ceux qui font aujourd’hui appel à cette notion. L’idée : sortir du paradigme de la croissance économique infinie, jugée impossible dans un monde aux ressources finies.

Et le moins qu’on puisse dire c’est que le terme “décroissance” suscite les crispations et les oppositions. Qu’on l’associe aux termes, plus explicites, de khmers verts ou d’ayatollah de l’écologie, ou qu’on l’adosse au refus du progrès et du confort moderne ou au retour à “la lampe à huile”, le qualificatif “décroissant” sonne désormais bien souvent comme une insulte, au mieux, une critique, au pire.

Mais au fond, que sait-on de la décroissance ? Que veut dire ce terme ? Faut-il en avoir peur ? Et si oui, pourquoi ? Tentons de prendre un peu de recul et de comprendre vraiment ce qui se cache derrière le débat de la décroissance.

La décroissance, les décroissances : bien définir les choses

Avant tout, comment peut-on définir la décroissance ? Il faut ici prendre garde à la tendance qui consisterait à en donner une définition simple, pure et homogène. Strictement, la décroissance renvoie à une démarche volontaire consistant à sortir de la croissance économique, afin de parvenir à une situation économique durant laquelle la richesse économique produite n’augmente pas, voire diminue.

Mais la décroissance n’est pas une idée. Elle regroupe en fait des propositions très diverses, qui partagent certes, le socle de définition que l’on vient de donner, mais sont bien plus complexes et plurielles que ça. C’est d’ailleurs la même chose lorsqu’on parle de croissance. La croissance peut faire référence à des paradigmes très différents les uns des autres : on admet ainsi l’existence d’une croissance dite “verte”, par opposition à une croissance non-durable, on a aussi parlé de croissance “sociale”, de croissance “inclusive”. L’idée de base reste la même : l’économie croit, mais les modalités de cette croissance, sa répartition dans la société, son organisation varient. Une croissance fondée sur les énergies renouvelables et la production responsable n’est décidément pas identique à une croissance fondée sur les énergies fossiles et l’obsolescence programmée. En théorie en tout cas.

De la même façon, la décroissance ne s’arrête pas, en théorie en tout cas, à son postulat central : la non-croissance de la richesse économique. La décroissance peut en effet s’organiser de façons très différentes, avec des objectifs très variés et des postulats politiques et sociaux hétérogènes. On peut alors parler “des décroissances”.

Alors, pour avoir une idée plus précise de ce que sont les pensées de la décroissance, ce qu’elles impliqueraient pour nos sociétés, on peut commencer en procédant par élimination, en disant ce que n’est PAS la décroissance. Et, plus globalement, ce dont les penseurs, partisans ou militants de la décroissance ne se réclament pas.

Ce que n’est pas la décroissance

  • La décroissance n’est pas la récession

La récession désigne une phase de contraction subie de l’économie et de la création de richesse, de baisse subie de l’activité et du PIB. Formellement il faut deux trimestres consécutifs de baisse pour être désigné “en récession”. Actuellement, la France est en récession suite à la crise de la Covid-19.

Mais cette réalité est bien différente de la décroissance. La décroissance est une démarche volontaire et non subie. Ce qui change, on le verra, beaucoup la donne.

  • La décroissance n’est pas la fin de la création de richesse

La décroissance ne signifie pas non plus la fin de la création de richesses ou de la production. Une économie qui viserait la décroissance ne s’arrêterait pas de produire : il faudrait bien continuer à nourrir, loger et faire vivre les citoyens.

L’économie en décroissance vise plutôt à redéfinir la notion de richesse, à ne plus considérer seulement la richesse monétaire, mais aussi la richesse sociale et écologique. Il s’agit alors de continuer à produire, mais pas à produire pour produire. Produire quand cela sert un besoin et que les impacts sociaux et écologiques sont positifs.

  • La décroissance n’est pas la fin du progrès technique et de l’innovation

De la même façon, ce n’est pas parce qu’une économie n’est pas en croissance qu’elle cesse de progresser ou d’innover, d’inventer de nouveaux modèles, de nouveaux produits ou de nouvelles technologies. On en a la preuve aujourd’hui : l’économie française décroît, et cela n’empêche pas les départements R&D des entreprises de travailler, ni les laboratoires des chercheurs de fonctionner, en témoignent les centaines d’études publiées ces derniers mois sur les sujets liés au coronavirus.

Dans une perspective décroissante, il s’agit donc là encore de faire le tri, de ne plus innover seulement (ou principalement) pour créer du PIB, mais pour créer d’autres formes de richesses ou de progrès (sociaux, environnementaux).

La décroissance : dé-économiser la société

Avec ce contexte posé, on cerne mieux ce que peut être la décroissance, et qui n’est peut-être pas clairement indiqué par son nom : un projet de nouveau modèle économique, politique et social. Oui, la décroissance consiste d’abord à sortir d’un modèle économique fondé sur la croissance du PIB. Mais elle ne se contente pas de cette proposition, qui n’aurait d’ailleurs pas de sens dans le modèle économique actuel, et propose justement de changer ce modèle.

En fait, ce que propose essentiellement la décroissance, c’est un changement profond de notre rapport à l’économie, et peut-être même plus précisément, une inversion de ce rapport. Les derniers siècles ont sans conteste marqué une “économisation” progressive de tous les pans de la société. Du développement massif du commerce international, à la libéralisation de plus en plus poussée de tous les secteurs économiques, à la dérégulation des marchés et aux grands mouvements de privatisation, l’économie s’est instillée partout. C’est-à-dire que les principes appliqués à l’économie (rentabilité, profit, concurrence) s’appliquent désormais partout : en politique comme dans la culture, dans les systèmes de santé, dans l’éducation, les services publics… L’idée au coeur de la décroissance, c’est que cette économisation du monde, si elle a certes permis des développements manifestes en terme de productivité, d’amélioration de la qualité de vie et d’innovation, a des effets pervers : elle ignore les impacts écologiques, défait les liens sociaux, rend aveugle aux problématiques de long terme, sous-estime la valeur de ce qui n’a pas de prix monétaire…

Pour éviter ces effets pervers, la décroissance postule alors qu’il faut procéder à ce que Timothée Parrique, auteur d’une thèse récente sur la décroissance, appelle la “dé-économisation” de la société : évacuer les logiques économiques et monétaires de certains pans de la vie sociale.

La décroissance propose ainsi, par exemple, un changement d’indicateur, un changement dans la façon dont on mesure la richesse. Là où les économies modernes, en croissance, considèrent plus <ou moins que toute forme de profit monétaire est une richesse (c’est ainsi qu’est calculé le PIB), la pensée décroissante cherche à faire le tri. À voir si telle ou telle forme de profit produit autre chose (de l’utilité sociale, de l’impact écologique, une contribution à l’intérêt général) et quelles sont les externalités de ces profits (sociales, environnementales). Détruire un monument historique, ou raser une forêt, pour construire un parking ou un lotissement, est-ce de la création de richesse ? Dans une logique purement économique, fondée sur le PIB, oui : cela créé de l’activité, qui sera rémunérée, engendrera de la consommation. À la fin, le PIB sera plus élevé, ce qui en fait une décision économiquement pertinente.

Mais rien ne nous oblige à calculer de cette façon : on pourrait à la fois calculer autrement et décider sur d’autres critères. Et d’ailleurs, nous le faisons déjà souvent : même dans nos économies en croissance, nous posons parfois des limites aux raisonnements économiques. On ne peut ainsi pas détruire “comme ça” un monument historique, légalement protégé, et ce, même si son prix sur le marché est faible. Dans la décroissance, il n’y a pas de définition figée et univoque de la façon dont il faudrait effectuer ce type de calculs ou prendre ce type de décisions. Quels sont les critères ? Comment sont-ils évalués ? Quels indicateurs peuvent remplacer le PIB ? Et comment les faire appliquer ? Chaque courant décroissant propose ses réponses à ces questions, et on peut aussi les trancher par un débat politique et démocratique. Au coeur de la décroissance, on trouve en tout cas presque toujours cette idée que les indicateurs économiques habituels ne suffisent pas à mesurer la richesse, et que les logiques économiques ne doivent pas s’appliquer partout.

Décroissance = récession, chômage et pénurie ?

Reste alors à définir ce qu’impliquent ces idées au niveau de la société. Penser hors des logiques économiques, éviter le recours aux indicateurs économiques traditionnels, est-ce pour autant renoncer à une économie productive, performante et efficace ? Est-ce entrer en récession et ne plus être capable de subvenir aux besoins de sa population ?

Ce n’est en tout cas pas le projet théorique de la décroissance. Comme on l’a vu, l’idée de la décroissance c’est d’entrer dans une démarche volontaire et planifiée de réduction de l’économie. Ce n’est donc pas une récession subie contre laquelle on ne pourrait rien. Il s’agirait plutôt de distinguer progressivement les secteurs pour lesquels il est nécessaire de continuer à produire autant (voire plus) qu’aujourd’hui, et ceux que l’on peut se permettre de réduire, soit parce qu’ils ne répondent pas à un besoin fondamental de la société, soit parce que le besoin auquel ils répondent ne semble valoir le coup de ses conséquences sociales et environnementales. À charge ensuite de trouver une manière juste de faire cette distinction.

Ainsi, on pourrait par exemple argumenter que la production d’eau en bouteille ou de sodas ne répondent pas à un besoin suffisamment important pour mériter que l’on accepte leurs conséquences écologiques (pollution plastique, accaparement des ressources en eau) ou sanitaires (surconsommation de sucre, surpoids, diabète). On pourrait alors décider de chercher politiquement à réduire ces productions, par des réglementations, des incitatifs, des taxes…

Il s’agit là encore de changer de logique. Là où l’économie contemporaine considère plus ou moins que toute production est positive, tant qu’elle créé de l’emploi et de la richesse, la décroissance pense qu’il faut prioriser, mettre l’accent sur certaines productions qui contribuent positivement à la société et à la durabilité, et limiter les autres. L’idée, c’est que l’on peut raisonnablement répondre aux besoins des citoyens en produisant moins, mais mieux et en répartissant mieux la richesse produite, en évitant les productions qui ne contribuent pas ou peu à l’intérêt général, et ce quitte à avoir peut-être moins d’emploi et moins de richesse monétaire produite à la fin.

Mais cela ne signifie pas que les populations seraient plus pauvres, ou condamnées au chômage à l’image d’une situation de crise économique. Puisque la décroissance est une démarche planifiée, elle pourrait, en théorie, prévoir des aménagements pour éviter ce type d’effets : repenser la solidarité économique, réduire les inégalités, réorienter les dépenses publiques, créer et financer des emplois contribuant à produire d’autres types de richesses que la richesse monétaire… Par exemple, pour compenser les emplois supprimés dans certains secteurs que l’on déciderait de limiter (les sodas par exemple), on pourrait créer des emplois dans des secteurs qui bénéficient à la collectivité (santé, grand âge, éducation…) et les financer par l’argent public (dont la collecte serait repensée et réorganisée).

La décroissance : dépasser le pour ou contre

De telles propositions méritent-t-elles la critique virulente qu’on adresse régulièrement à la décroissance dans le débat public ? On peut légitimement s’interroger.

Il ne semble pas y avoir quoi que ce soit de très radical, ni de très radicalement subversif à penser que les logiques économiques ne sont pas forcément légitimes et pertinentes dans tous les aspects de la vie en société. Emmanuel Macron, que l’on peut difficilement qualifier de décroissant idéologue, ne disait d’ailleurs autre chose lorsqu’il affirmait le 16 mars dernier qu’il fallait aujourd’hui “sortir de la logique des marchés” des secteurs comme la santé.

Que l’aspect monétaire ne soit pas l’alpha et l’omega de la mesure de la richesse, là encore, rien de très nouveau. Tout ce qui a de la valeur n’a pas forcément un prix. La forêt amazonienne par exemple, a une valeur pour la société et pour l’écosystème (en tant que réserve de biodiversité par exemple) sans pour autant que cette valeur ne soit monétisée par un prix en euros. Aujourd’hui, même les partisans du capitalisme le plus classique et de la croissance économique s’accordent à dire qu’il faut regarder plus loin que la richesse monétaire décidée par les lois du marché : c’est ce qui a d’ailleurs amené à la réflexion autour de la comptabilité en triple capital, du prix du carbone ou de la valorisation monétaire des services écosystémiques.

De même, il ne semble pas absurde que la société puisse vouloir limiter la production de certains secteurs, jugés nocifs pour l’intérêt général. Nous le faisons d’ailleurs bien avec le tabac et d’autres industries.

À priori, il n’y a donc rien dans les théories décroissantes qui soit fondamentalement incompatible avec les critères habituels d’une société fonctionnelle et démocratique. Sans même parler d’être “pour” ou “contre”, rien ne semble mériter que l’on refuse au moins d’en débattre, ou qu’on l’écarte par principe et que l’on en fasse un épouvantail.

La décroissance est-elle une utopie irréaliste ?

Néanmoins, il y a deux points sur lesquels la décroissance cristallise peut-être de façon plus légitime le débat.

Le premier, c’est l’aspect quantitatif de la création de richesse. La question de fond ici étant : peut-on vraiment se permettre d’arrêter de faire croître notre production de richesse ? Produit-on assez de richesses pour subvenir aux besoins des individus constituant la société ? Produit-on assez pour assurer à tous un “niveau de vie”, un “confort de vie” et une “qualité de vie” acceptables ? Et pour aller plus loin, peut-on se permettre de réduire de façon quantitative notre production globale de richesse (c’est-à-dire de décroître) tout en assurant ce niveau acceptable de qualité de vie ?

Il est extrêmement difficile de répondre de façon objective à cette question. D’abord car “le niveau acceptable de qualité de vie” devrait d’abord être défini, et cette définition serait par essence subjective. Quel niveau de consommation paraît suffisant ? Qu’est-ce qui tient du luxe ou du superflu ? Quels types de production sont à privilégier et lesquelles peuvent être réduites ? Autant de questions auxquelles la décroissance ne prétend pas répondre à priori, mais qu’il faudrait tout de même trancher, peut-être par une forme de débat démocratique.

Question difficile ensuite car une fois ce niveau de vie défini, il faudrait être sûr que l’on soit capable de l’assurer à nos niveaux de production actuels (ou à des niveaux inférieurs). Or il est évident qu’aujourd’hui, notre système économique ne parvient pas à assurer une qualité de vie digne à chacun. Des milliards de personnes vivent encore dans la pauvreté et la précarité, et pour les tenants de l’économie classique, c’est en produisant plus de richesse que l’on sortira de cette crise.

Bien-sûr, il ne s’agit pas ici que d’un problème quantitatif, mais aussi d’une question de répartition. Le partage des richesses est en effet aujourd’hui très inégal : les 10% les plus riches captent près de 57% de la richesse produite, quand les 50% les plus pauvres n’en captent que 12% selon les travaux menés par le World Inequality Database, piloté par l’École d’Économie de Paris. Reste donc à savoir si en répartissant mieux ce que l’on produit aujourd’hui, on pourrait assurer un niveau de vie décent à tous.

Et c’est là une réalité difficile à quantifier. Au regard de la richesse produite, des écarts de répartition et des gaspillages, il semble raisonnable de penser que l’on pourrait en tout cas faire beaucoup mieux qu’aujourd’hui. C’est d’ailleurs ce que confirment certaines études menées sur ce sujet à propos de la production agricole. Nous produirions assez de nourriture pour tous, et même pour 10 milliards de personnes. Mais pour réellement répartir cette nourriture et subvenir aux besoins des individus sans détruire les écosystèmes, il faudrait des changements importants dans notre système de production agricole et notre façon de manger.

Pour les autres besoins (énergie, matériaux) peu d’études existent, et tout dépend du mode de vie que l’on compte soutenir : si nous voulons que chacun dispose d’une voiture personnelle dotée d’une autonomie de 2000 km, les besoins ne seront pas les mêmes que si l’on défend un mode de vie basé sur les transports en commun, l’usage du vélo et l’auto-partage.

Formellement, on ne peut donc pas dire de façon absolue si une société “décroissante” serait “soutenable” au sens de sa capacité à subvenir aux besoins des individus durablement. Mais on sait en tout cas que le modèle actuel, lui, ne l’est pas. L’un des postulats de la décroissance, c’est que devant le constat des conséquences néfastes de nos modes de production actuels, il faut en tout cas essayer, peut-être très progressivement, de faire cette transition vers le moins, mais mieux (mieux réparti, mieux alloué, mieux utilisé). Il ne s’agit pas, d’un coup, de stopper toute production supplémentaire, mais encore une fois, de faire le tri entre celles dont les impacts sont acceptables et les autres. Le tout avec un objectif global de sobriété.

Quelle échelle pour la décroissance ?

Le deuxième point qui interroge concernant la décroissance, c’est l’échelle à laquelle elle prétend s’appliquer. Si la décroissance est un projet politique national, sera-t-il efficace ? Peut-on, en tant qu’Etat, s’isoler du reste du monde en jouant à un jeu économique différent ? Résistera-t-on à la concurrence ? Aura-t-on seul les capacités de répondre à nos besoins ? Et sinon, comment organisera-t-on l’échange avec le reste du monde si l’on a plus les mêmes référentiels et les mêmes objectifs ? Sur ce point, les précédents historiques ne plaident pas nécessairement en faveur de la décroissance : le système économique international ayant tendance à noyer les projets économiques alternatifs.

Si la décroissance est un projet politique international (et c’est sans doute là seulement qu’elle aurait un sens) alors la question qui se pose est la suivante : comment mettre en oeuvre ce projet politique en engageant l’ensemble des pays du monde ? Comment convaincre la communauté internationale de la nécessité de la transition vers un modèle différent ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le consensus actuel dans les grandes institutions internationales, en particulier celles en charge de réguler l’économie et la décision publique, n’est pas d’abandonner le modèle actuel. On le voit avec la COP21 : quand les intérêts divergent, difficile de se mettre d’accord, et même les plus petites transitions trouvent difficilement le chemin du consensus. Si la transition vers la décroissance se met un jour en place, elle devra donc très probablement le faire en jouant le jeu d’un réformisme progressif dont ses militants, face à l’urgence, ne s’accommoderont vraisemblablement pas facilement.

La décroissance peut-elle convaincre ?

Pour les penseurs de la décroissance, il y a donc un véritable enjeu à convaincre, à faire rentrer progressivement dans le débat public leurs arguments, leurs objectifs politiques, leurs éléments de politique publique.

Cela ne s’annonce pas simple, vue la peur et le rejet que suscite cette notion dans l’espace public et politique, et vue la radicalité des propositions associées en général à la décroissance. Pourtant, petit à petit, des concepts dont on pourrait dire qu’ils sont d’inspiration décroissante s’invitent dans le débat : la réduction du temps de travail, le revenu universel, les réglementations environnementales, les circuits-courts, le soutien à l’emploi et à l’activité locale, l’économie circulaire… Dans le Grand Débat National lancé en France en 2019, on retrouve nombre de ces items que ne renieraient pas les penseurs de la décroissance.

Petit à petit, la décroissance entre donc dans l’espace public. Petit à petit, des propositions considérées dans le passé comme trop radicales, irréalistes, voire inutiles, sont officiellement discutées, considérées, et mêmes parfois, mises en place dans les systèmes politiques modernes. Pour l’instant, certaines idées centrales de la décroissance sont encore loin de faire consensus. Mais certains de ses outils sont désormais officiellement inscrits dans le catalogue des politiques publiques acceptables, signe que face au constat de l’urgence, on ne rechigne pas à emprunter à ceux qu’on rejetait jadis.

La décroissance fait son chemin et progressivement, neutralise les peurs. Reste à savoir si elle le fera assez vite et assez bien pour être capable de proposer en temps et en heure un projet politique solide, global et consensuel capable de nous sortir de la crise.

Photo par Renate Vanaga sur Unsplash

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