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La pollution de l’air augmenterait les risques de diabète (même à de faibles niveaux)

Clément Fournier - Rédacteur en chef

Youmatter

Formé à Sciences Po Bordeaux et à l'École des Mines de Paris aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques, Clément est depuis 2015 rédacteur en chef de Youmatter.

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La pollution de l’air aurait une incidence sur le risque de diabète selon une étude publiée dans la revue The Lancet. Vous ne voyez pas le rapport ? On vous explique.

On sait déjà que la pollution de l’air a un impact considérable sur la santé : elle augmente le risque de maladies respiratoires, et parfois même de maladies cardiovasculaires. On sait aussi que la pollution a un impact sur la santé psychologique, voire sur le système endocrinien. Il n’est donc pas nécessairement très étonnant de constater qu’une nouvelle étude, publiée dans la revue médicale The Lancet avance l’existence d’un lien entre pollution de l’air et diabète.

Diabète et pollution de l’air : quand la pollution produit de l’inflammation

Le diabète est une maladie caractérisée par une défaillance de la capacité à absorber et réguler correctement les sucres. En résumé, lorsqu’on est diabétique, on a tendance à mal absorber les sucres que l’on ingère et à être régulièrement en hyperglycémie, c’est-à-dire que le taux de sucre (plus exactement le taux de glucose) de notre sang est trop élevé par rapport à la norme saine. On considère généralement qu’il existe deux types de diabète. Le premier est génétique : le diabète de type 1, qui est lié à un dysfonctionnement des cellules du pancréas qui produisent l’insuline, l’hormone responsable de l’absorption du glucose par notre organisme. L’autre, le diabète de type 2, est généralement le résultat de facteurs environnementaux et héréditaires qui entraînent un dysfonctionnement chronique du système de gestion de la glycémie. En résumé, le diabète de type 2 s’acquiert lorsque l’on a un terrain favorable et que l’on s’expose à des comportements à risque : surconsommation de glucides, prise de poids et obésité, manque d’activité physique.

Mais aussi étrange que cela puisse paraître, il existerait également un lien entre diabète de type 2 et pollution de l’air. En effet, depuis plusieurs années, les chercheurs ont mis en évidence une corrélation entre le taux de pollution de l’air et le taux de diabète des habitants d’une zone donnée. Résultat : plus une zone est polluée, plus le taux de diabète est élevée. L’explication physiologique est en réalité assez simple : les responsables seraient les particules fines. En s’infiltrant dans l’organisme elles participeraient à la création de stress oxydatif et d’inflammation qui perturberait le système de production d’insuline et de régulation de la glycémie. À terme, cela contribuerait donc à augmenter les risques de développer une résistance à l’insuline et un syndrome de type diabète.

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Limiter la pollution pour limiter les risques de diabète

Mais l’étude publiée dans la revue The Lancet va encore plus loin en cherchant à définir dans quelle mesure l’épidémie actuelle de diabète peut-être liée à la pollution de l’air. Résultats ? Selon les chercheurs, la pollution de l’air serait impliquée dans près de 14% des nouveaux cas de diabètes développés chaque année dans le monde, soit près de 3.2 millions de personnes affectées.

Les conclusions des chercheurs sont dès lors claires : réduire la pollution de l’air permettrait de réduire les risques épidémiologiques de développement du diabète. Evidemment, la première cause de développement d’un diabète de type 2 reste le comportement alimentaire et le manque d’activité physique, mais en augmentant les phénomènes inflammatoires, la pollution serait bel et bien un facteur aggravant. Limiter la pollution de l’air deviendrait donc un acte de santé publique, notamment en France où les cas de diabètes ne cessent de se multiplier, à un rythme plus élevé que prévu.

L’autre enseignement de l’étude, c’est que l’effet de la pollution sur le diabète commence à se déclencher même à des taux peu élevés de particules fines, des taux inférieurs aux seuils sanitaires en vigueur. Preuve que la pollution, même à de faibles doses, peut avoir des effets pervers difficilement prévisibles sur la santé des individus.

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