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Voiture électrique, particules fines et pollution de l’air : quel bilan ?

Clément Fournier - Rédacteur en chef

Youmatter

Formé à Sciences Po Bordeaux et à l'École des Mines de Paris aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques, Clément est depuis 2015 rédacteur en chef de Youmatter.

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Les voitures électriques émettent-elles moins de particules fines et de pollutions atmosphériques que les voitures thermiques ? On fait le point.

Concernant les véhicules électriques de nombreuses questions agitent le débat public. La voiture électrique émet-elle moins de CO2 qu’une voiture diesel ou essence ? Quelles sont les impacts environnementaux des batteries des voitures électriques ? Les véhicules électriques ne risquent-ils pas de faire exploser les consommations électriques ?

Naturellement, certains en sont venus à se demander dans quelle mesure la voiture électrique contribuait ou non à la pollution de l’air et aux émissions de particules fines. Un rapport récent de l’ADEME vient éclairer cette question. Alors, la voiture électrique émet-elle moins de particules fines qu’une voiture thermique ? Dans quelle mesure contribue-t-elle à la baisse de la pollution de l’air et des rejets de particules fines ?

Véhicule électrique : moins de particules fines, mais pas zéro

En utilisant une batterie et un moteur électrique plutôt qu’un moteur thermique, la voiture électrique a l’avantage d’éviter un certain nombre de pollutions. On sait que les rejets de CO2, par exemple, sont considérablement réduits avec la voiture électrique par rapport à la voiture thermique. Aucun gaz à effet de serre n’est ainsi émis pendant la phase d’utilisation. Pour être précis et factuel, il faut préciser que du CO2 est malgré tout émis pour la construction du véhicule et de sa batterie et la production de l’électricité, mais globalement, si l’on prend tout cela en compte, les émissions de gaz à effet de serre du véhicule électrique sont divisées par 2 ou 3 en France par rapport à son équivalent thermique.

Pour les particules fines, la voiture électrique a aussi un avantage net. D’abord, les émissions de particules fines liées à la combustion d’énergie fossiles dans le moteur son évidemment réduites à zéro dans le cas d’un véhicule électrique. Pour autant, on ne peut pas dire que la voiture électrique soit « zéro pollution ». En effet, la voiture, qu’elle soit thermique ou électrique, provoque des pollutions aux particules fines à cause de l’usure des plaquettes de freins, à l’abrasion des pneus et à celle de la route. Ces pollutions représentent un peu plus de la moitié des particules fines émises par un véhicule thermique.

Pour la voiture électrique, ces pollutions sont légèrement réduites, mais pas de façon très forte. Le système de freinage régénératif permet de limiter l’usure des plaquettes de frein et les émissions associées, mais les voitures électriques étant plus lourdes, et leurs pneus plus larges, les émissions liées aux pneus et à l’abrasion augmentent légèrement par rapport à la voiture thermique. Si l’on fait le bilan, la voiture électrique fait un tout petit peu mieux que le véhicule thermique en la matière : à peine 10 à 20% de particules en moins.

Moins de particules fines secondaires

L’autre avantage de la voiture électrique en matière de pollution atmosphérique par rapport à la voiture thermique, c’est qu’ils évitent l’émission d’un certain nombre de composés qui engendre indirectement la formation de particules fines. C’est ce que rappelle l’ADEME dans son rapport, lorsqu’il écrit que « les véhicules thermiques émettent des oxydes d’azote et des composés organiques volatils qui peuvent contribuer à la formation de particules secondaires, ce qui n’est pas le cas des véhicules électriques ».

Les particules secondaires se forment lorsque des gaz présents dans l’atmosphère se solidifient dans certaines conditions atmosphériques, par exemple en contact avec des gouttes de pluie. Ce phénomène s’appelle la nucléation. Les principaux gaz susceptibles de se transformer en particules fines sont le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote, les composés organiques volatils et l’ammoniac, qui sont justement émis par la combustion d’énergies fossiles dans les moteurs thermiques.

Voiture électrique, moins de gaz polluants (NOx, CO…)

Enfin, outre les particules fines, la transition vers la voiture électrique permet aussi de limiter les émissions de gaz polluants divers. En effet, en plus du CO2 et des particules fines, la combustion d’énergies fossiles dans les véhicules thermiques provoque aussi des émissions de plusieurs gaz nocifs pour la santé et l’environnement. Parmi eux, on trouve notamment le monoxyde de carbone (CO), mais aussi les oxydes d’azote (NOx) qui sont toxiques en plus d’être précurseurs de particules secondaires.

Évidemment, le véhicule électrique ne dégage pas de tels gaz en phase d’usage. Il évite donc l’émission de ces polluants nocifs dans les zones de circulation. Et cela est particulièrement important dans les espaces urbains où la concentration de ces gaz peut rapidement augmenter lorsque la densité de véhicules qui circulent est élevée, et où les populations se concentrent.

Globalement, la voiture électrique ne permet donc pas d’éviter toutes les émissions polluantes et les particules fines, mais elle permet de les réduire de façon significative. Même si les émissions de particules liées à l’usure des freins et pneus et à l’abrasion de la route ne sont que légèrement réduites avec la voiture électrique, les autres, en particulier toutes les particules et gaz polluants et toxiques liés à la combustion d’énergie fossile sont évités. Le bilan est donc net : le véhicule électrique permet de réduire nettement la pollution atmosphérique.

Photo par Ivan Bogdanov sur Unsplash

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