RSE 2.0 conseils

Clément Fournier - Rédacteur en chef

Youmatter

Formé à Sciences Po Bordeaux et à l'École des Mines de Paris aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques, Clément est depuis 2015 rédacteur en chef de Youmatter.

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Les formes les plus répandues de mise en oeuvre de la Responsabilité Sociale des Entreprises ne fonctionnent pas. Voici 3 conseils pour changer de dynamique et aller plus loin.

Bien souvent, la RSE consiste en un ensemble de mesures disparates : remplacer ses gobelets en plastique par des gobelets en carton, planter des arbres, installer des panneaux solaires ou une ruche sur ses toits, promouvoir la diversité ou soutenir des associations.

Mais pour avoir réellement un impact significatif sur les enjeux écologiques ou sociaux, ce type de mesures ne suffit pas. Il faut aller plus loin. Au point que certains en appellent aujourd’hui à une RSE 2.0. Voici 3 conseils de base pour faire cette transition.

1 – Intégrer ses parties prenantes

Une stratégie de responsabilité sociale pour une entreprise, c’est avant tout comprendre que cette responsabilité s’exercice vis-à-vis du reste de la société. Une entreprise exerce ses activités dans un écosystème de parties prenantes (collaborateurs, fournisseurs, clients, communautés locales) et ce sont ces parties prenantes qui doivent être au coeur d’un projet de RSE structuré et global.

Il est donc fondamental d’intégrer ses parties prenantes dans toute stratégie RSE visant à transformer durablement l’entreprise. Comment ? D’abord en consultant ces parties prenantes pour comprendre ce qu’elles attendent de l’entreprise. Que souhaitent vos consommateurs concernant vos produits ou vos services ? Qu’attendent vos collaborateurs en termes de conditions de travail ? Comment les communautés locales vivant près de vos activités comprennent votre activité et qu’en attendent-ils ?

Comprendre ces attentes, c’est mener ce que l’on appelle un dialogue parties prenantes. C’est l’étape numéro 1 pour comprendre ce que l’entreprise doit transformer, lui donner une direction. C’est un travail souvent long et complexe sur le plan logistique, mais il est nécessaire pour identifier avec précision les enjeux importants.

2 – Identifiez ses enjeux “coeur de business”

L’étape suivante, c’est d’identifier, sur la base de ce dialogue, et de l’analyse des impacts de l’entreprise, quels sont les grands enjeux “coeur de business” sur lesquels orienter sa stratégie RSE.

C’est ce que l’on appelle l’analyse de matérialité. Le but : croiser les enjeux importants pour vos parties prenantes (des enjeux subjectifs, en quelque sorte) et ceux qui sont importants en termes quantitatifs (des enjeux objectifs). D’où viennent les émissions de CO2 de l’activité de l’entreprise ? En quoi contribue-t-elle à la dégradation des écosystèmes et de la biodiversité ? Quel est l’impact du business de mon organisation sur l’économie locale ou sur les enjeux sociaux ? À terme, cela revient à élaborer une cartographie des risques pour votre entreprise.

Cette cartographie doit alors servir de boussole pour les actions RSE à mener en entreprise. Cela évite de se perdre sur des actions dont l’impact sera faible, à la fois quantitativement ou en termes de relations avec les parties prenantes.

3 – Mettre en place une stratégie globale

Enfin, il s’agit d’élaborer sur cette base une stratégie globale de transformation de l’entreprise. Contrairement à ce qui est souvent mis en place dans les entreprises, la RSE doit avant tout servir à transformer durablement l’entreprise. Il ne s’agit donc pas simplement de petits ajustements à la marge. La transformation doit donc toucher le coeur de métier de l’entreprise, le faire évoluer.

Parfois, penser cette stratégie revient à remettre en cause la raison d’être de l’entreprise, et permet d’entamer une réflexion de fond sur le modèle de son organisation. C’est aussi ce qui permet aux entreprises engagées d’être plus résilientes et de mieux appréhender les évolutions des attentes sociétales.

Bien-sûr, cela ne signifie pas qu’il faille jeter tous les “petits pas” qui contribuent à aller dans le bon sens. Mais pour passer à une RSE 2.0, il est nécessaire de se poser sincèrement et activement la question de la transformation globale de l’entreprise et de son modèle d’affaire.

Photo par UX Indonesia sur Unsplash

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