Trop chauffer son logement, c’est nocif à la fois pour la santé, l’environnement et le porte feuille. Pourquoi et comment éviter de surchauffer ? On vous explique.

En France, selon un sondage IPSOS, en moyenne les Français considèrent que la température idéale d’un logement est de 20.2 degrés. 17% des Français déclarent ne pas se sentir bien en-dessous de 22 degrés dans leur logement.

Pourtant, les recommandations institutionnelles estiment que la température idéale dans un logement tourne autour de 19 degrés. Il semble donc qu’une grande partie d’entre nous surchauffent leur logement. Pourquoi il faut éviter ça, et comment le faire concrètement ? Explications.

Sur-chauffer son logement : quelle est la température idéale ?

Evidemment, chacun ressent la chaleur différemment. Il y a ceux qui ont toujours froid et ceux qui ont toujours chaud. Les métabolismes différents créent des sensations de chaleur différentes.

Toutefois, selon l’OMS, la température idéale pour un adulte en bonne santé dans un logement tournerait autour de 18-19 degrés. En dessous de 16 degrés, des risques respiratoires commencent à apparaître, et au-dessus de 22 degrés, des risques circulatoires et de l’inconfort. Au dessus de 23-24 degrés, certaines études notent même des risques cardiaques augmentés. Il faudrait donc dans l’idéal rester dans une fourchette comprise entre 18 et 20 degrés. Certaines études ont même montré qu’être exposé trop fréquemment à des températures élevées réduisait le métabolisme et donc augmentait les risques de prendre du poids et d’accumuler des graisses. Au contraire, autour de 19 degrés, le corps brûle naturellement plus de calories, produit plus de chaleur corporelle, et par extension, brûle plus de graisses.

Cette température colle avec les recommandations de l’ADEME (autour de 19 degrés) et celles de nombreuses autres institutions. Bien-sûr, la température idéale varie selon les pièces et les usages. Dans une salle de bain, on chauffe plutôt à 20 qu’à 18. Tandis que dans une chambre, il est préférable de ne pas dépasser 17-18 pour un sommeil de qualité.

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Trop chauffer : des conséquences écologiques

Evidemment, la température de chauffage d’un logement n’est pas qu’une question de confort et de santé. C’est aussi une question écologique. Selon l’ADEME, près des 2/3 de nos consommations énergétiques sont liées au chauffage (sans compter l’eau chaude !).

Trop chauffer représente donc un gaspillage énergétique important, et donc des coûts écologiques. Que l’on se chauffe au gaz ou à l’électricité, trop chauffer contribue aux émissions de CO2 et au réchauffement climatique. Le gaz naturel, c’est une énergie fossile, qui émet une quantité non-négligeable de CO2. Quand à l’électricité, si nous avons la chance en France de disposer d’une électricité qui émet peu de CO2, ce n’est pas une raison pour en consommer pour rien : cela nous oblige à en produire toujours plus et donc à consommer des ressources naturelles, souvent limitées (comme l’uranium). Et bien entendu, cela est encore plus vrai lorsque l’on dépend d’une électricité polluante !

De plus, la surconsommation d’énergie est un problème important pour la transition énergétique : comme nous consommons trop d’énergie, il est difficile de réduire nos capacités de production pour moins polluer, ou de faire la transition vers des énergies renouvelables qui ne produisent pas en permanence.

En évitant de surchauffer son logement, on fait donc un geste pour sa santé, pour l’écologie et la transition énergétique, et accessoirement, pour son portefeuille.

Comment éviter de trop chauffer son logement ?

Pour éviter de surconsommer l’énergie liée au chauffage et être à la bonne température toute l’année, voici quelques conseils.

1 – Régler le thermostat à la bonne température

Pour éviter de surchauffer son logement, le premier geste à adopter est bien sûr de bien régler votre chauffage. Dans l’idéal, le mieux est d’être équipé d’un thermostat permettant de régler automatiquement la température autour de 18-19 degrés. Et si possible, de n’allumer le chauffage que dans les pièces où c’est nécessaire.

Mais ce n’est pas toujours possible. Dans ce cas, il faut être capable de mesurer précisément la température ambiante (grâce à un thermomètre d’ambiance) pour adapter son chauffage en fonction. S’il fait trop chaud on baisse, trop froid, on monte ! Mais on évite dans tous les cas de faire trop varier la puissance du chauffage : inutile de mettre le chauffage à fond pour chauffer d’un ou deux degrés, il faut y aller progressivement.

2 – Accepter d’avoir un peu froid au départ

Une des raisons pour lesquelles on surchauffe souvent son logement, c’est la sensation de froid. On rentre du travail, on a marché dans le froid à l’extérieur, on a donc une sensation de froid accrue et pour compenser, on est tentés de monter le chauffage à fond. Ou alors, on est tout simplement habitués à des températures élevées et on ne supporte plus d’être à 19 degrés.

Le problème, comme on l’a vu, c’est qu’être exposé à des températures élevées régulièrement fait diminuer le métabolisme du corps, c’est-à-dire sa capacité à générer naturellement de la chaleur. Plus on s’habitue à vivre dans la chaleur, moins le corps sait produire sa propre chaleur tout seul.

Pour éviter ça, il faut parfois faire un petit effort au départ et accepter d’avoir un peu froid. Juste le temps de se réhabituer à une température normale, autour de 19 degrés. En quelques jours à quelques semaines, le corps va se réhabituer à une température normale et son métabolisme se rétablir. On peut faire ça progressivement : si vous êtes habitués à vivre à 23 degrés, diminuez progressivement jusqu’à 22 pendant quelques jours, puis 21, puis 20 et enfin 19 degrés.

3 – S’habiller correctement

Sinon, il est aussi possible de tout simplement… s’habiller correctement. On n’est pas forcés d’être en t-shirt léger toute l’année chez soi. On peut aussi mettre un pull léger, une petite veste… Parfois, il suffit de conserver un pull quelques minutes en rentrant chez soi pour adoucir la transition et de revenir à une sensation de chaleur confortable sans avoir besoin d’augmenter le chauffage. On peut ensuite s’habiller plus légèrement sans ressentir la sensation de froid.

Si l’on a aucune activité physique chez soi en soirée, il est aussi possible de prévoir un plaid pour éviter la sensation de froid.

4 – Limiter la sensation de froid chez soi

Il faut aussi garder à l’esprit que la température n’est pas le seul critère de confort. Il peut très bien faire 19 degrés chez vous, mais que vous ayez une sensation de froid. Par exemple, s’il y a des courants d’air chez vous, ou si vos murs sont particulièrement froids, cela peut augmenter l’inconfort.

Pour éviter ça, il faut repérer les éventuels courants d’air indésirables et agir pour les limiter. Cela peut être tout simplement refaire l’isolation d’une fenêtre défaillante, par exemple. Concernant les murs, plusieurs solutions : vérifiez à l’aide d’un thermomètre optique la température de vos murs, et si vous constatez une très grande différence entre la température ambiante et celle de vos murs, c’est peut-être le signe qu’il faut étudier l’isolation de votre logement.

Sinon, des accessoires comme des rideaux ou des tapis permettent d’amortir la sensation de froid.

5 – Maîtrisez l’humidité de votre logement

Enfin, un facteur souvent insoupçonné peut avoir un impact important sur le confort thermique de votre logement : l’humidité. Plus il fait humide, plus la sensation de froid risque d’être amplifiée. De ce fait, on est tentés de monter le chauffage alors qu’il serait plus intéressant de déshumidifier.

Des outils permettent aujourd’hui de mesurer l’humidité ambiante. En général, on considère qu’il faut être autour de 40-50% d’humidité maximum dans un logement, à la fois pour des raisons de santé (développement des pathogènes…) et pour des raisons de confort. Si vous constatez que vous êtes au dessus de cette norme, il faut peut être vérifier encore une fois votre isolation et / ou investir dans un déshumidificateur.

Dans tous les cas, surchauffer est rarement une solution pertinente, que ce soit pour votre santé, votre compte en banque ou pour l’écologie. Pour en savoir plus, notamment sur les différents types de chauffage et les questions d’isolation consultez le guide pratique de l’ADEME : mieux se chauffer.

Photo par Alex Perz sur Unsplash