Pour la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, retrouvez 10 initiatives mises en place par les professionnels de la distribution pour réduire leurs déchets.

Le 16 octobre est la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. À cette occasion, tous les acteurs se mobilisent pour proposer des initiatives originales et efficaces pour réduire nos déchets alimentaires et éviter les pertes. Dernièrement, nous vous présentions 10 initiatives pour lutter contre le gaspillage alimentaire chez soi ou au restaurant, découvrez aujourd’hui 10 initiatives mises en place par les professionnels de la distribution.

1 – Le don aux associations

Bientôt encadré réglementairement, le don des invendus aux associations est une pratique qui existe depuis longtemps dans la grande distribution. C’est une façon efficace de ne pas jeter ses invendus et de les offrir à des personnes qui en ont besoin, gratuitement. Une stratégie gagnant-gagnant qui a fait ses preuves puisque de plus en plus de marques s’y mettent.

2 – Réduire les produits à date de péremption lointaine dans les rayons

Nous sommes tous coupables de ce geste : chercher le produit qui a la date de péremption la plus lointaine dans le rayon, alors que nous savons pertinemment que nous allons le consommer le lendemain. Pour éviter ces dérives, certains supermarchés, dont le groupe Delhaize, ont décidé de mettre prioritairement en rayon les produits dont la période de consommation est courte. L’idée est d’encourager le consommateur à être plus attentif à ses achats et à consommer de façon plus raisonnée.

Dates de Péremption Gaspillage

3 – Revoir les dates de péremption

A propos de dates de péremption, certains distributeurs commencent également à revoir leur politique d’affichage. De nombreuses initiatives sont mises en place : Carrefour a décidé d’allonger les périodes de consommation de certains de ses produits et certaines marques ont supprimé les dates pour certains produits non périssables comme le sel.

Il est aussi important de bien expliquer la différence entre la Date Limite d’Utilisation Optimale (DLUO), après laquelle le produit est toujours consommable même si son aspect ou sa texture peuvent être moins parfaits, et la Date Limite de Consommation (DLC), après laquelle il existe un risque à consommer le produit.

4 – Faire des promotions anti-gaspillage alimentaire

Dans le même registre, la distribution a mis en place des promos anti-gaspillage alimentaire. Pour les produits proches de la DLC, 50 % de réduction par exemple. Ainsi le consommateur profite de produits à bas prix ; cela évite de jeter un produit consommable.

Dans la même idée, des marques proposent des « promotions différées ». Au lieu d’avoir un produit acheté, un produit offert, le consommateur peut avoir un produit acheté, un produit offert… la semaine suivante. Ainsi, au lieu d’avoir deux produits la même semaine, avec le risque qu’il se périme et qu’il soit jeté une fois à la maison, on garde la promotion mais étalée sur deux semaines.

5 – Le reconditionnement des produits frais abîmés

C’est une pratique très intéressante notamment pour les fruits et légumes frais. Pour éviter de gaspiller des fruits ou des légumes un peu abîmés, les distributeurs les découpent et les vendent en salades par exemple. Certains supermarchés le font aussi avec les produits de la mer : lorsque leur DLC approche, ils sont utilisés pour faire des soupes ou des plats vendus soit directement dans la grande surface, soit via une association partenaire sur les marchés. Les produits qui ne sont jamais achetés lorsqu’ils sont seuls (comme les bananes) sont parfois réemballés avec d’autres pour être achetés.

6 – Proposer du vrac, de l’unité, du portionable

De plus en plus de grandes surfaces, notamment bio, proposent par ailleurs des produits en vrac. Outre le fait qu’ils évitent d’utiliser emballages et sur-emballages, ils permettent aussi d’adapter notre achat en fonction de notre consommation, et donc d’éviter d’acheter trop et de jeter.

Dans la même logique, les produits à l’unité ou portionables évitent le gaspillage, avec l’inconvénient toutefois qu’ils augmentent parfois la quantité d’emballage.

Vrac Gaspillage alimentaire

Pour en savoir plus sur la problématique de l’emballage individuel par rapport au gaspillage, vous pouvez consulter l’article rédigé à ce sujet par le Groupe Bel sur e-RSE.net

7 – Adapter ses installations et ses emballages

Au Royaume-Uni, des marques ont généralisé l’emploi de sacs plastiques perforés pour les fruits. L’initiative partait du constat que des fruits conservés dans des emballages fermés étaient plus susceptibles de développer rapidement des moisissures et donc d’être jetés. Les installations des rayons frais peuvent aussi être adaptées pour éviter le pourrissement des produits : brumisateurs, pastilles qui absorbent l’éthylène, etc.

8 -Développer des opérations de sensibilisation

Les entreprises ont aussi le rôle d’informer pour lutter contre le gaspillage, informer le consommateur, informer leurs salariés ou informer leurs fournisseurs. Les campagnes de sensibilisation comme l’opération « Fruits et Légumes Moches » ou des opérations de communication dans les magasins ont un impact non-négligeable sur les pratiques de consommation. Quand on sait que le consommateur, chez lui ou au restaurant, est responsable de 55% du gaspillage alimentaire en France, cela incite à réfléchir.

9 – Travailler avec leurs fournisseurs

Les grandes surfaces et les distributeurs peuvent aussi mettre en place des stratégies de partenariats avec leurs fournisseurs : définir ensemble les chartes de qualité pour les produits, afin que les agriculteurs évitent de produire des fruits ou des légumes qui ne correspondraient pas aux standards de la distribution et qui seraient jetés par exemple. Il est aussi possible de travailler avec leurs fournisseurs pour récupérer des produits « hors standards » pour fabriquer des plats préparés.

Les grands distributeurs comme Monoprix, Intermarché ou Auchan ont ainsi mis en place un partenariat avec les producteurs « Gueules cassées » pour des fruits et légumes dont l’esthétique ne rentrait pas dans les standards de distribution habituels, et les vendent moins cher. La dernière opération « Légumes Moches » chez Intermarché par exemple, a concerné plus de 1 800 points de vente et 1,6 tonnes de légumes vendus dans chacun de ces magasins.

Légumes moches, gaspillage

10 – Valoriser ses déchets

Enfin, lorsqu’il n’est pas possible d’éviter un déchet, il est toujours possible de le valoriser. La biométhanisation mise en place par Auchan ou encore dans les magasins Carrefour de la région lilloise a fait ses preuves pour utiliser les déchets alimentaires dans le but de produire de l’énergie par exemple.

 

Avec ce type d’initiatives, il est possible de réduire les déchets produits par les grandes surfaces. Reste à être attentifs chez nous et à changer nos habitudes.

 

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