Vous vous êtes déjà demandé en vous promenant le long d’un cours d’eau qu’elles étaient les espèces le peuplant ? Vous avez ressorti du grenier la canne de votre grand père mais n’avez aucune idée de l’espèce que vous venez de sortir de l’eau ? Sortez votre smartphone, il y a une application pour ça ! Les Agences de l’eau et l’ONEMA se sont en effet associés pour publier une application pour smartphone recensant non seulement le bon état écologique (ou non) des cours d’eau, mais aussi leur richesse piscicole.

« Qualité Rivière » a été publiée sur le Google Playstore et sur l’Appstore d’Apple en 2013 : cette application permettait de connaître via un code couleur basique l’état écologique de la plupart des cours d’eau de France. Elle a été mise à jour début 2016 pour intégrer des données de la Fédération de Pêche et de l’ONEMA (Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques) sur la richesse piscicole de ces cours d’eau : vous pourrez dorénavant savoir où lancer votre ligne et quelle espèce sortir (ou non) de l’eau.

L’état écologique de nos rivières et de nos cours d’eau est-il bon ?

Le « bon état écologique » d’une rivière est une notion issue de l’une des directives les plus importantes en droit de l’environnement : la Directive Cadre sur l’Eau (DCE), qui souhaite que les pays membres de l’UE se penchent sur l’état de leurs cours d’eau.

Pour cela elle fixe un objectif de « bon état général » des eaux de surface (fleuves, rivières…) et des eaux souterraines d’ici 2015. Elle a permis l’organisation de la gestion des ressources en eau par le biais de plans de gestion (les SDAGE déclinés au niveau local en SAGE) démarrant en 2010, séparés en grands bassins hydrographiques. L’objectif est d’atteindre d’ici 2015 un bon état général tant pour les eaux souterraines que pour les eaux superficielles, y compris les eaux estuariennes et côtières. Le cycle d’un plan de gestion dure 6 ans : état des lieux et préconisations, mesures de gestion, suivi puis retour d’expérience pour le plan de gestion suivant.

qualité rivières eau

Les états des lieux pour chaque cours d’eau dans chacun des grands bassins versants ont permis aux Agences de l’eau qui gèrent ces bassins d’élaborer une carte : c’est celle-ci qui est reprise dans l’application. Elle indique donc l’état des cours d’eau, selon qu’ils sont en « très bon état » (en bleu), en « bon état » (en vert,) en état « moyen » (en jaune) ou en « mauvais état » (en rouge).

Une application pour tout savoir sur la richesse biologique de nos cours d’eau

Depuis le début de l’année l’application a été mise à jour avec des conseils judicieux et quelques informations sur la gestion de l’eau, le rôle des AAPPMA (Associations Agréées de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique) et la biodiversité aquatique. On peut ainsi trouver les espèces présentes dans chacun des sites de pêche des cours d’eau listés dans l’application.
Ce travail a été rendu possible par la participation de la fédération nationale de pêche qui a rendu disponible ses enquêtes de terrain. Et les surprises sont plutôt bonnes pour certains cours d’eau, avec la présence d’une biodiversité intéressante comme les truites de mer ou les anguilles. On peut noter aussi 14 espèces différentes pêchées dans le 15ème arrondissement de Paris.

qualité rivières eau poissons

Concernant les indicateurs physico-chimiques, ils sont nombreux et listés de 2013 à 2015 pour chacune des stations de prélèvement, ce qui permet de constater leurs évolutions.
On y trouve le bilan d’oxygène, les Nitrates et Phosphates, la température et l’acidité, chacun d’entre eux expliqué par un court texte. Un état des lieux des estuaires est également disponible ce qui la rend pratique pour la pêche côtière. A ce titre on peut noter le mauvais état écologique de la Seine entre Rouen et son estuaire : la raison en est la pollution chimique (notamment aux PCB) ainsi que la forte présence de Nitrates et de Phosphates.

eau pollution Seine

Le bon état écologique d’un cours d’eau est donc un subtil équilibre entre richesse biologique, bonnes conditions physico-chimiques et artificialisation limitée. Et c’est bien souvent ce dernier point qui fait basculer la couleur d’une rivière sur l’application : vous pourrez trouver une richesse biologique dans une rivière et des conditions physico-chimiques satisfaisantes mais si celle-ci est canalisée ou que ses rives sont bétonnées, elle risque fort de se trouver dans la catégorie « moyen », indiquée en jaune sur la carte. Habitats, populations et conditions de vie sont liés et c’est ce que veut rendre la notion de bon état écologique des cours d’eau.

Enfin il faut le rappeler : la pêche est un sport qui se pratique avec un permis, disponible auprès de votre AAPPMA locale. Le prix de cette carte de pêche va permettre à l’association de trouver des financements pour gérer les milieux aquatiques sous leur supervision. La pratique de ce sport se fait en respectant le milieu et la ressource : relâchez vos prises sans les abîmer, elles seront disponibles pour les autres pêcheurs (pratique du « No Kill ») et continueront de participer à la bonne marche des écosystèmes de nos rivières.

Quelques chiffres sur l’état écologique des rivières françaises

  • 2 500 sites de pêches répertoriés à l’aide des données de l’ONEMA et de la Fédération Nationale de Pêche,
  • 10 millions d’informations issues des prélèvements effectués par les équipes sous la supervision des Agences de l’eau sur 5000 points de surveillance,
  • 50% des cours d’eau en France n’atteignent pas le bon état écologique : l’objectif fixé par le Grenelle de l’Environnement était de 66% à l’horizon 2015,
  • La concentration en Phosphate dans les cours d’eau a été divisée par 10 depuis 1990 grâce à l’interdiction de certains produits ménagers et l’amélioration des stations d’épuration,
  • Le Rhône est le fleuve le plus artificialisé de France, avec 84% de son linéaire qui est bétonné,
  • 4 pesticides interdits en France depuis 2003 font partie des 25 pesticides les plus fréquemment retrouvés dans les rivières. Le Glyphosate, présent dans le RoundUp notamment, est le pesticide le plus fréquent dans les cours d’eau.
  • 800 substances sont analysées avec des limites de détection toujours plus basses.

 

L’application est disponible sous Android en flashant ce QRcode, ou sur les boutiques d’applications Apple Store pour IOS et Google Playstore pour Android.