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3 leçons à tirer de la crise du coronavirus pour la RSE des entreprises

Clément Fournier - Rédacteur en chef

Youmatter

Formé à Sciences Po Bordeaux et à l'École des Mines de Paris aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques, Clément est depuis 2015 rédacteur en chef de Youmatter.

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Face au coronavirus, les entreprises ont beaucoup de leçons à tirer, en particulier sur leur responsabilité d’entreprise, leur RSE.

La crise du coronavirus est une occasion pour les entreprises de faire l’introspection de leurs capacités de résilience, de gestion du risque et d’adaptabilité. Face à une tension inédite, les organisations doivent s’interroger, repenser leurs façons de fonctionner, et surtout, pour l’après, pour ne plus revivre ça, penser de nouvelles organisations.

En particulier, cette crise doit être l’occasion de repenser la responsabilité de l’entreprise au sein de la société : sa responsabilité vis-à-vis de ses parties-prenantes, sa raison d’être, sa capacité à anticiper et à gérer les risques et les éventuelles crises. La RSE a beaucoup à apprendre de ce moment compliqué. Voici 3 leçons que l’on peut d’ores et déjà tirer de cette période.

1 – La RSE de conformité ne suffit pas

La première grande leçon à tirer de cette crise, c’est que la RSE de conformité ne suffit pas à être préparé aux problèmes qui peuvent frapper l’entreprise et la société en général. Depuis des années, les entreprises jouent vis-à-vis de la RSE la carte de la facilité et du moindre effort. Est mis en place ce qui doit être réglementairement mis en place : une surveillance des fournisseurs en conformité avec la Loi Sapin II, un comité d’éthique, un reporting, un plan de déplacement d’entreprise… Tout ça, c’est bien, c’est utile : pour mieux interagir avec ses parties prenantes et mieux les informer, et pour disposer de procédures de base en cas de problème ou de confrontation à un enjeu de responsabilité.

Mais c’est surtout utile pour continuer “business as usual”. On le voit bien aujourd’hui, en cas de crise plus grave, cela ne suffit pas. Même des entreprises pratiquant ce que l’on appelle la flexibilité au travail ont parfois eu du mal à mettre en place des mécanismes rapides et anticipés vers le télétravail. Elles ont eu du mal à réorganiser leurs manières de travailler, à être proactives quand le virus a commencé à se répandre en France. Très peu ont su anticiper les risques sur leur chaîne d’approvisionnement : risque pourtant prévisible, compte tenu de la concentration observée dans certains secteurs.

Tout cela montre qu’il faut aller bien plus loin que ce qui est préconisé, recommandé ou dicté par la loi. Pour se préparer vraiment aux évolutions de notre monde (le réchauffement climatique, la crise de la biodiversité, les crises sociales, sanitaires ou économiques) il faut faire plus. Dédier plus de ressources à l’identification des risques sur les chaînes d’approvisionnement, peut-être mettre en place des stocks stratégiques, mieux intégrer ses fournisseurs à sa stratégie globale, les accompagner.

Il faut discuter avec ses parties prenantes, avoir une relation de confiance. Il faut aussi être plus résilient, plus adaptable, et tout cela passe notamment par des moyens accrus donnés aux départements RSE pour leur permettre de développer des projets portant sur le coeur de métier de l’entreprise, pas seulement des actions cosmétiques aux frontières de l’activité business.

2 – La flexibilité au travail n’est pas qu’un argument de marque employeur

L’autre grande leçon pour la RSE des entreprises, c’est que le fait de miser sur la flexibilité au travail, dès que c’est possible, n’est pas qu’une histoire d’attirer les talents ou d’avoir une bonne image.

On en avait déjà eu la démonstration aux Etats-Unis en 2014-2015, quand les conditions météorologiques extrêmes de l’hiver dans le Midwest avaient empêché une bonne partie des gens de se rendre sur leur lieu de travail. Evidemment, les entreprises les plus flexibles avaient mieux répondu présent face à cette crise passagère.

On le voit encore aujourd’hui : les entreprises les mieux préparées face au confinement ont été celles qui avaient une longue expérience du télétravail, du travail en réseau, à distance. Bien-sûr, ce n’est pas possible à tous les postes et dans tous les secteurs, mais on voit bien que pour tous les postes d’encadrement ou de support, c’est non seulement possible mais utile.

À l’avenir, avec les crises climatiques, il est probable que ce type de situations soient amenées à se répéter. Et surtout, on voit qu’actuellement, une partie de la France est capable de travailler sans se déplacer en voiture, donc sans émettre de CO2. Une pratique qui, si elle perdurait après le confinement, permettrait sans doute de réduire nos émissions de CO2, de désengorger les transports, de fluidifier les déplacements quotidiens, et d’améliorer la vie de millions de Français qui pourraient ainsi mieux gérer leur équilibre vie privée / vie professionnelle.

3 – Une culture d’entreprise responsable n’est pas un luxe

Enfin, face au coronavirus, on a également pu mesurer à quel point la culture d’entreprise était fondamentale pour réagir face à une crise. Dans les entreprises où les salariés étaient les plus engagés, réagir et s’adapter a été plus simple que dans les autres. La confiance nécessaire au travail a distance s’est plus facilement installée.

Mais ce n’est pas tout : une culture de responsabilité paraît d’autant plus essentielle dans ces périodes troublées. Il est évident que dans une entreprise où les écarts de salaires sont de 1000 ou plus entre les cadres dirigeants et les salariés, et où le management responsable est une grande inconnue, la capacité pour les travailleurs à s’investir dans une période si troublée sera moindre.

Engager ses salariés, mais aussi ses autres parties prenantes, créer une “culture d’entreprise” c’est aussi savoir démontrer la valeur de chacun au sein de l’écosystème organisationnel. Par l’équité, la justice salariale, les pratiques de managements fondées sur la confiance,. Cette culture est d’autant plus importante en période de crise, quand il faut faire des choix difficiles, et parfois demander aux salariés de prendre des risques.

On voit bien aujourd’hui que ce n’est pas un luxe. Et là encore, les départements RSE ont un rôle fondamental à jouer. Un rôle de catalyseur, un rôle de transmission. Une fois la crise passée, nombre d’entreprises devront repenser la façon dont ils ont intégré ces différentes problématiques, remettre les choses à plat. Et là, par la formation RSE des managers, la définition d’une charte d’éthique et de management responsable, la création de pratiques plus loyales, il faudra se reconstruire. Avec au centre du projet : la notion de responsabilité d’entreprise.

Photo par Helloquence sur Unsplash

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