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Eutrophisation : définition, causes, conséquences et solutions

Dernière modification le 5 Juin 2020

Qu’est-ce que l’eutrophisation ? Quelles sont les causes du processus et ses effets ? Comment évolue le phénomène et quelles sont les solutions pour l’enrayer ?

Définition de l’eutrophisation

  • L’eutrophisation désigne un processus d’accumulation des nutriments dans un écosystème donné (un milieu dit « eutrophe » est littéralement un milieu « bien nourri »).

Ce phénomène, qui concerne principalement l’azote et le phosphore, se traduit par une modification progressive des équilibres biologiques de l’écosystème concerné.

Il existe naturellement des milieux eutrophes. Cependant, une eutrophisation de milieux naturellement oligotrophes (pauvres en éléments nutritifs) entraîne un déficit de biodiversité. Le processus, accentué par le réchauffement climatique, favorise en effet les espèces (végétales et animales) à croissance rapide au détriment des espèces à croissance plus lente. À terme, en milieu aquatique, ce déséquilibre peut provoquer une anoxie (privation d’oxygène) chronique qui s’avère fatale pour la plupart des espèces.

Pour mieux comprendre, voici une vidéo explicative réalisée par Le Réveilleur :

Eutrophisation : causes et conséquences

Origines de l’eutrophisation dite anthropique

Comme pour nombre d’autres phénomènes de déséquilibres environnementaux, c’est l’activité humaine qui provoque la plupart des situations d’eutrophisation préjudiciables aux écosystèmes, dont principalement :

  • l’agriculture et l’élevage intensifs et leurs engrais chimiques et autre fumiers et lisiers, dont les excès drainés par les intempéries contaminent les milieux naturels ;
  • les rejets d’eaux usées et boues d’épuration imparfaitement traitées, urbaines et/ou industrielles ;
  • les déforestations, incendies et coupes rases, qui favorisent le ruissellement et l’érosion.

Effets d’une eutrophisation non contrôlée

Les conséquences sur les milieux et leur biodiversité sont variables selon les écosystèmes touchés, en partie réversibles mais pour certaines définitives :

  • comblement et à terme disparition des zones humides ;
  • dégradation de la qualité de l’eau ;
  • prolifération d’espèces végétales ou animales invasives et parfois toxiques (ex. : les algues vertes en Bretagne)…

Milieux touchés par l’eutrophisation et évolution mondiale

L’eutrophisation est essentiellement liée aux cycles de l’eau (naturels et artificiels), par laquelle les surplus de nutriments envahissent les écosystèmes. Tous les milieux contenant de l’eau, même en faible quantité, sont donc concernés, a fortiori ceux dont l’élément liquide est un constituant majeur.

En cela, les milieux aquatiques, y compris marins, ainsi que les zones humides, sont particulièrement sensibles au phénomène. Les eaux captives ou stagnantes (mares, étangs, lacs, marais…) viennent en première ligne. C’est également le cas des estuaires, des baies et des golfes qui sont le réceptacle de tous les nutriments drainés en amont par les cours d’eau et le ruissellement.

Amplifiée par le réchauffement climatique, l’évolution du phénomène est mondiale, jusqu’à impacter des sites aussi emblématiques que les grands lacs américains, le lac Léman ou la mer Baltique. La sauvegarde relative de ces écosystèmes a exigé et exigera des mesures stratégiques volontaristes et pérennes.

Lutte contre l’eutrophisation : les solutions

L’eutrophisation d’origine anthropique n’est pas une fatalité. De nombreuses mesures, mises en œuvre en complémentarité et en cohérence, sont susceptibles d’inverser la tendance et même de restaurer certains écosystèmes pourtant sévèrement impactés. Ces mesures sont d’autant plus pertinentes qu’elles participent d’une approche globale visant à une stratégie de développement durable dans tous les domaines de l’activité humaine et de ses impacts environnementaux. Ce sont, entre autres :

  • une diminution radicale des engrais chimiques et solubles dans l’eau ;
  • une reconstitution pertinente des systèmes bocagers de haies, talus et autres bosquets et zones tampons qui limitent le ruissellement et retiennent les nutriments ;
  • une amélioration technologique des stations d’épuration et du traitement des lisiers d’élevage, visant notamment à une meilleure élimination et/ou au recyclage de l’azote et du phosphore…

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