Qu’est-ce que la sobriété foncière ? Quel est le lien entre sobriété foncière et artificialisation des sols ? Que faire pour réduire l’empreinte humaine sur les sols ?

 

Définition de la sobriété foncière

La sobriété foncière est un concept qui vise à limiter l’artificialisation des sols, c’est-à-dire la transformation et/ou la consommation d’espaces naturel, agricoles ou forestiers en zones urbaines ou industrielles. En France, la sobriété foncière est une politique publique qui s’inscrit dans le cadre de la transition écologique et de la préservation des ressources naturelles. Plus précisément, la sobriété foncière implique de maîtriser l’expansion urbaine et de favoriser la densification de l’existant en utilisant au mieux les espaces déjà urbanisés.

Elle se traduit par la mise en place de dispositifs telles que la redynamisation des centre-villes et leur verdissement,  la rénovation énergétique des bâtiments ou encore la revitalisation de friches urbaines. Mais l’objectif principal de la sobriété foncière reste la préservation des espaces agricoles et forestiers et la protection de la biodiversité, lourdement touchés par l’artificialisation des sols. Elle peut donc s’accompagner de mesures de préservation et de restauration des milieux naturels. Enfin, la sobriété foncière s’inscrit dans une perspective de long terme, en prenant en compte les enjeux liés à l’évolution démographique, au changement climatique et à la gestion durable des ressources naturelles. Elle implique donc une réflexion globale sur l’aménagement du territoire et une concertation entre les différents acteurs concernés (collectivités, citoyens, entreprises, etc.).

 

Sobriété foncière et artificialisation des sols

Chaque année en France, ce sont entre 20 000 et 30 000 hectares d’espaces naturels, agricoles ou forestiers qui sont englouti pour la construction de nouveaux bâtiments ou d’infrastructures publiques, comme la construction de nouvelles routes. Entre 2011 et 2021, cela équivaut à près de 243 000 ha qui ont été consommés principalement pour l’habitat (68%) et pour les activités diverses (25%).

Cette artificialisation des sols laisse une dette écologique conséquente. La bétonisation de ces espaces suppose en premier lieu à une destruction localisée des écosystèmes et de la biodiversité présente. Mais les conséquences dépassent généralement la simple destruction du milieu. Ce processus entraîne en outre une imperméabilisation des sols, une fragmentation des habitats naturels, ainsi que des impacts sur la qualité de l’air, de l’eau et du sol.

Ainsi, l’artificialisation des sols et la sobriété foncière sont étroitement liées, la sobriété foncière étant une réponse à l’artificialisation excessive des sols et une stratégie pour limiter son impact environnemental.

Zéro artificialisation nette : quelle stratégie pour la sobriété foncière ?

Introduit par le Plan Biodiversité en 2018 visant à renforcer l’action de la France pour la préservation de la biodiversité, et finalement validé par la mise en vigueur de la Loi Résilience et Climat, la France s’est fixée l’objectif d’atteindre le « zéro artificialisation nette » (ZAN) d’ici 2050, et au moins de réduire de 50% l’artificialisation d’ici 2030 la transformation d’espaces naturels.

Mais pour arriver à cet objectif pour 2050, les collectivités vont devoir conjuguer avec de nombreux acteurs (entreprises, citoyens, élus) afin de réussir à satisfaire des impératifs sociaux, environnementaux et économiques.

La première étape à accomplir pour les collectivités est de revitaliser l’existant, les friches, les gares, les bâtiments inutilisées ou inutilisables.

Mais ce ne sera pas suffisant. La sobriété foncière implique également de repenser la ville et ses usages. De redonner une nouvelle vie à de nombreux centre-villes qui voient leurs commerçants tirer les rideaux et grandir en même temps en périphérie d’immenses complexes commerciaux et industrielles.

La sobriété foncière c’est également offrir un nouvel idéal aux habitants des villes et villages en démontrant aux citoyens que la maison individuelle n’est pas une finalité en soit, puisque la densité de ces habitations ne sont pas viables pour la transformation écologique, mais de préférer à la place des immeubles de centre-villes, ou des maisons partagées. Un changement conséquent dans le quotidien de nombreux français mais qui reste néanmoins nécessaire pour aborder au mieux la transition écologique.