fast fashion pollution

Valentine Ambert - Rédactrice - Youmatter

Rédactrice pour Youmatter. Formée à Sciences Po Lyon, spécialisée sur les enjeux de développement en Afrique subsaharienne contemporaine et investie dans les secteurs de la RSE, du progrès social et de la transition écologique.

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Comment sont fabriqués nos vêtements ? Du champ à notre penderie, on retrace le cycle de vie de nos vêtements pour mieux en saisir les impacts environnementaux.

Chaque année, plus de 100 milliards de vêtements sont vendus dans le monde, et on en achète environ 60% de plus qu’il y a 15 ans.

Cette surconsommation de vêtements et accessoires de mode porte un nom : la fast fashion. Cela désigne cette mode qui se renouvelle en permanence, nous poussant à acheter toujours plus de vêtements, un phénomène d’autant plus visible en période de soldes.

Pourtant, de leur fabrication en passant par leur lavage jusqu’à leur fin de vie, nos vêtements ont un lourd impact environnemental et l’industrie du textile est l’une des plus polluantes. Pour mieux le comprendre, analysons le cycle de vie de nos vêtements.

Des matières premières polluantes

Que ce soit en termes de consommation d’eau, de pesticides ou d’émissions de CO2, c’est surtout l’obtention des principales matières premières qui composent nos vêtements qui est polluante.

L’empreinte eau : l’exemple du coton

En général, les textiles sont des dérivés de production agricoles, et notamment le coton. Or le coton est une culture qui nécessite un climat particulier pour pousser correctement : il doit bénéficier d’une grande quantité de soleil (120 jours par an) et ne surtout pas être exposé au gel. En même temps, il a besoin d’une certaine quantité d’eau.

Pour quantifier les besoins en eau d’une culture comme le coton, on utilise la notion d’empreinte eau. L’empreinte eau mesure l’eau qui entre dans le processus de production du coton, en distinguant 3 types d’eaux :

  • L’eau verte, qui désigne l’eau de pluie qui alimente les champs
  • L’eau bleue, qui désigne l’eau prélevée dans les ressources naturelles (eaux de surface, nappes phréatiques) pour irriguer les cultures
  • L’eau grise, qui désigne l’eau polluée durant le processus de production

Une étude menée par l’UNESCO montre que 10 000 litres d’eau entrent dans la production d’1 kg de coton. Ramené à la production d’un t-shirt en coton de 250g, cela donne 2 500 litres d’eau soit l’équivalent de la consommation d’un Français en eau potable pendant 17 jours.

Mais attention, il faut surtout comprendre d’où vient cette eau, c’est-à-dire comment se répartissent les eaux vertes, bleues et grises. Dans le cas du coton, 54% de l’eau utilisée est de l’eau verte, donc l’eau de pluie qui transite par les champs, qui n’est pas vraiment de l’eau “consommée” puisqu’elle fait partie du cycle naturel de l’eau. En revanche, 33% est de “l’eau bleue”, qui est cette fois “consommée”. Or, l’usage de cette eau bleue se répercute sur les ressources naturelles.

Prenons l’exemple de l’Ouzbékistan. En 1960, sous l’impulsion de l’ex-URSS, le pays a commencé à cultiver du coton et du blé. Une partie des fleuves qui se jetaient dans la mer d’Aral ont été détournés pour arroser les champs, privant la mer de 20 à 60 km3 d’eau chaque année.

La diminution progressive de sa surface a engendré une hausse de son taux de salinité et la mort de millions de poissons. Ces mêmes poissons nourissaient les populations aux alentours qui ont été contraintes d’abandonner leurs villages.

Avec le coton, la difficulté est là : bien souvent, on cultive le coton dans des climats plutôt chauds, où les besoins d’irrigation sont parfois élevés à certaines périodes de l’année, ce qui entraîne des pressions sur les ressources locales.

L’utilisation de pesticides pour une meilleure rentabilité

Le textile pose aussi un problème d’usage des pesticides. Reprenons l’exemple du coton, présent dans plus d’un quart de nos vêtements et dont la majorité de la production est destinée à l’industrie de l’habillement.

Le coton est une culture qui peut être affectée par plusieurs types d’insectes et de ravageurs. Pour protéger les plans et assurer les rendements, les producteurs recourent donc bien souvent à l’usage de pesticides et en particulier d’insecticides. Plusieurs analyses (certes anciennes et peu précises) estimaient ainsi que le coton faisait partie des cultures les plus “gourmandes” en insecticides.

Or, une partie des insecticides utilisés dans la production de coton sont sujets d’inquiétudes tant sur le plan environnemental que sanitaire. En effet, une partie de ces produits contiennent des dérivés de l’arsenic, qui ont un impact négatif à la fois sur la santé des travailleurs du coton mais aussi sur la pollution des sols et des eaux, et sur la biodiversité.

Pour éviter l’usage de ces pesticides, on peut se tourner le coton bio, qui limite les intrants. Mais à l’heure actuelle, cette production, qui nécessite plus de main d’oeuvre et est nettement plus chère, représente moins de 1% des volumes de coton produits dans le monde.

Emissions de gaz à effet de serre : les fibres synthétiques en cause

En dehors du coton, l’industrie textile utilise d’autres fibres, notamment synthétiques, qui ont aussi leurs impacts environnementaux.

Le polyester, le polyamide plus connu sous le terme de Nylon®, le polyuréthane (aussi appelé Lycra® ou encore l’acrylique sont toutes des fibres synthétiques sont issues d’un procédé chimique à base de pétrole. D’autres en sont des dérivés comme l’élasthanne ou le spandex, issues du polyuréthane. Pas moins de 70% des fibres synthétiques produites dans le monde proviendraient du pétrole.

Le polyester est aujourd’hui la matière la plus produite dans l’industrie du textile. C’est près de 70 millions de barils de pétrole qui sont nécessaires à la production de 40 millions de tonnes de polyester chaque année.

Or, l’extraction de pétrole émet énormément de CO2 et contribue au réchauffement climatique. Peu d’études ont comparé formellement les impacts environnementaux des fibres synthétiques par rapport aux fibres naturelles, mais les quelques rapports disponibles indiquent que l’empreinte carbone de fibres comme le polyester est nettement supérieure à celle du coton.

L’utilisation de substances toxiques dans le processus de transformation des vêtements

En plus de la production de la matière première, il faut aussi considérer la phase de production des textiles. Cette étape dans la fabrication de nos vêtements pose des problèmes en matière de droits et de santé des travailleurs mais aussi en termes de pollution.

Pour la transformation des matières premières

La transformation du fil en tissu utilise divers procédés comme l’encollage ou l’ensimage. Diverses substances sont utilisées comme de la graisse, de la cire, de l’huile, de la colle etc pour faciliter le processus de transformation et améliorer la résistance des fibres.

Par exemple, la fabrication de vêtements en laine nécessite généralement qu’on ajoute une certaine quantité d’huile d’ensimage aux fibres pour faciliter le glissement et le peignage.

Mais c’est après le tissage que ces produits posent problème. Le tissu est lavé pour être débarrassé de ces produits, et cette étape rejette dans les eaux usées des substances toxiques. L’eau est rarement traitée avant d’être rejetée dans la nature ce qui affecte directement les écosystèmes, la biodiversité et la santé des êtres humains.

Pour l’enoblissement du textile

Une fois le tissu confectionné, les industriels lui donnent ensuite un certaine aspect au moyen de traitements chimiques ou mécaniques. C’est au cours de cette étape que notre vêtement est teinté, délavé, qu’on lui donne un aspect vieilli…

Or, comme l’étape précédente, ces procédés requierent la plupart du temps l’usage de substances chimiques comme le plomb, le mercure, le cuivre, le chrome ou encore le cadmium.

La technique du sablage pour délaver les jeans

Un des procédés permettant de délaver le jean est le sablage au cours duquel du sable est pulvérisé à haute pression sur le tissu.

Les ouvriers qui font ce travail sont exposés à la poussière de silice qui s’introduit dans leur organisme par les oreilles, le nez et la bouche. Elle peut provoquer une irritation des yeux et des voies respiratoires, des bronchites chroniques voire une fibrose pulmonaire irréversible nommée silicose.

Or, les ouvriers travaillent la plupart du temps sans équipement de protection ou système de ventilation adéquat, ni même de formation.

Le problème de la teinture des tissus

L’industrie textile consomme 4 milliards de tonnes d’eau par an pour teindre 30 milliards de kilos de tissus. D’après l’ONU, il s’agit du second facteur de pollution de l’eau dans le monde.

Le tissu est d’abord blanchi avant d’être teinté. Aujourd’hui, c’est principalement l’eau de javel qui est utilisée lors de cette étape. Mais elle libère du chlore qui se combine avec des molécules organiques contenues dans les sols, l’eau et l’air. Dans l’eau, le chlore est insoluble et peu biodégradable. Absorbé par les plantes, puis par les animaux, il se retrouve dans la chaîne alimentaire et arrive jusqu’aux êtres humains.

Puis, les tissus reçoivent leurs coloris définitifs. Or, ces pigments synthétiques qui remplacent aujourd’hui les teintures originellement végétales contiennent souvent des métaux lourds, du formaldéhyde ou encore des phtalates.

Ces substances sont nocives à la fois pour les employés du secteur textile qui perturbent leur système hormonal et augmente les risques de cancer mais est également pour l’environnement. En effet, une partie de la teinture est rejetée dans les eaux usées lors du rinçage. La Banque Mondiale estime aujourd’hui que 17 à 20% de la pollution mondiale des eaux est causée par l’industrie textile.

La rivière Li en est l’illustration. Autrefois appelée «Perle de la Chine», elle est aujourd’hui polluée le plomb et le mercure utilisés pour la teinture des jeans et rejetés lors du lavage. On ne peut plus boire l’eau de la rivière, ni pêcher.

Que dit la loi ? Le règlement européen REACH

Le règlement européen REACH entré en vigueur en 2007 a pour but de sécuriser la fabrication et l’utilisation des substances chimiques dans l’industrie européenne.

A travers ce dernier, il s’agit de recenser, d’évaluer et de contrôler les substances chimiques fabriquées, importées, mises sur le marché européen et ainsi assurer la protection des Européens face à ces substances aux Européens.

Une protection qui s’avère toutefois insuffisante puisque le Bureau européen de l’environnement a dévoilé en 2018 que 32% des substances chimiques produites ou importées depuis 2010 dans l’Union européenne dans des quantités supérieures à 1 000 tonnes par an ne respectaient pas la réglementation REACH.

En moyenne, plus de 3 substances sur 10 largement commercialisées n’ont pas passé avec succès un test d’évaluation des dossiers qui sont censés contenir des données sur la toxicité pour l’environnement et l’homme de ces substances, afin d’en garantir un usage sûr.

Et pour cause, l’Agence europénne des produits chimiques (ECHA) chargée de contrôler la conformité de ces substances croule sous les quelque 40 000 dossiers et ne dispose pas de moyens suffisants.

Le transport, source d’émissions de gaz à effet de serre

Le transport pèse aussi dans le bilan environnemental de la mode.

D’après l’ADEME, elle émettrait 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre chaque année, soit environ 2% des émissions globales de gaz à effet de serre. C’est plus que les vols internationaux et le trafic maritime réunis.

Ces émissions dûes à la production, mais aussi au transport de nos vêtements. Saviez-vous qu’un jean peut parcourir jusqu’à 65 000 km entre le champ de coton et la boutique soit une fois et demie le tour de la Terre ?

Cette industrie est aujourd’hui mondialisée : selon l’Insee, plus de la moitié des importations de produits textiles de la France provient d’Asie, principalement de Chine et plus marginalement du Bangladesh, du Vietnam et d’Inde. Et pour suivre le rythme éffrené des changements de collection, le transport doit être régulier et rapide, donc l’avion est souvent le moins de transport utilisé, malgré ses impacts environnementaux.

C’est plus cher que le bateau, mais qu’importe pour les distributeurs et les marques puisque la confection dans des pays à la main d’oeuvre peu chère additionnée au transport par avion revient moins cher qu’une fabrication en Europe.

L’entretien de nos vêtements : lavage et microplastiques

L’impact environnemental de nos vêtements est aussi lié à leur utilisation.

Les dégâts des microplastiques

Nylon, polyester, élasthanne ou encore acrylique rejettent des microparticules de plastique au lavage. Trop petites pour être filtrées par les stations d’épuration, elles finissent leur course dans l’océan et sont parfois mangées par les poissons.

Au total, 500 000 tonnes de microparticules de plastique finissent dans les océans chaque année soit 50 milliards de bouteilles en plastique.

Etant donné qu’elles sont peu biodégradables, elles constituent la principale source de pollution des océans devant les sacs en plastique.

Lavage – séchage -repassage : un cycle gourmand en eau et en énergie

Selon l’ADEME, l’entretien de nos vêtements représente près de la moitié de l’impact environnemental de nos vêtements. Cela est lié à plusieurs facteurs.

Consommation d’eau

12% de l’eau consommée chaque année dans les foyers français est attribuée à la seule machine à laver. Cela représente plus de 14 000 L d’eau par an soit l’équivalent de ce que l’on boit sur 12 années. Plus on lave ses vêtements souvent, plus on consomme d’eau.

Consommation d’énergie

D’autre part, un lavage à 90° consomme trois fois plus d’énergie qu’un lavage à 30°, car c’est le chauffage de l’eau qui consomme le plus d’énergie lors d’un cycle de lavage. Or, en général, un lavage à 30° en cycle court suffit.

Quant au séchage, on peut éviter l’usage du sèche-linge en essorant à la vitesse maximale que le linge peut supporter puis en l’étendant à l’air libre.

Produits toxiques contenus dans la lessive

Une famille française réalise chaque année des centaines de lessives, et utilise pour ce faire plusieurs kilos de lessive liquide ou de lessive poudre.

Or, la lessive contient entre 15 et 25 molécules, parfois issues du pétrole. On peut citer les enzymes, qui digèrent les taches, ou les tensio-actifs (dont le plus ancien, le savon), qui mouillent les salissures puis les dispersent.

D’après une étude réalisée par l’Institut national de la consommation, l’écotoxicité de l’eau de lavage – celle qui part dans les égouts – est avérée pour toutes les lessives, qu’elles soient en poudre, en tablette ou liquides. Pour faire simple, d’après cette étude, même en respectant les consignes des fabricants, les lessivent nuisent toutes à la vie aquatique. D’après l’étude, il faudrait diluer 36 fois le bain de lavage pour qu’il se dégrade correctement dans la nature.

Cette étude doit être prise avec du recul car elle date de 2006. Pour autant, peu de données scientifiques précises et récentes sont disponibles sur le sujet. 

Et ensuite ? La fin de vie de nos vêtements

Entre 2000 et 2014, selon cette étude de McKinsey, la consommation mondiale de vêtements a doublé. Mais comme nos placards de sont pas extensibles à l’infini, il faut se séparer de certaines pièces.

Les Européens se débarrassent chaque année de 4 millions de tonnes de textiles. Malheureusement, alors même qu’ils pourraient être triés et se voir offrir une seconde vie, 80% sont jetés dans la poubelle des ordures ménagères et finissent par être enfouis ou incinérés.

En 2016 sur les 210 000 tonnes de chaussures et textiles collectés et triés en France, les 2/3 ont été réutilisés pour être reportés et l’autre tiers a été recyclé pour produire des chiffons ou de l’isolant. Mais le recyclage est encore loin d’être la norme.

Pollution, préoccupations sociales, l’industrie de la mode doit se réinventer

L’industrie de la mode est certes l’une des plus polluantes de la planète mais elle génère aussi 1 million d’emplois dans le monde.

Alors les pays tentent d’attirer les investisseurs comme ils le peuvent afin de dynamiser leur économie. Pour concurrencer les pays asiatiques, l’Ethiopie a instauré le salaire minimum le plus bas de tous les pays producteurs de vêtements : seulement 26 dollars par mois soit environ 23 euros, en 2018.

Même dans des pays où la vie est peu chère, on se doute qu’un tel niveau de salaire ne permet pas des conditions de vie dignes. Alors jusqu’où cette frénésie ira-t-elle ?

Quand déciderons-nous d’assurer une meilleure protection sociale des travailleurs et une meilleure sécurité au travail pour qu’on arrête de désigner les usines du textile comme des sweatshops, des usines de la sueur ?

579 travailleurs sont morts dans des incendies d’usine au Bangladesh entre 2009 et 2013. L’incident du Rana Plaza en 2013, qui a fait près de 1200 morts, a lancé une certaine prise de conscience de cette réalité dans les pays développés. Mais il reste encore beaucoup de chemin à faire pour transformer cette industrie.

Aujourd’hui, l’industrie de la mode est face au défi de ralentir le rythme et se réinventer, en choisissant des matières moins polluantes, des produits moins toxiques. Et côté consommateur, il faut essayer de réduire notre consommation de vêtements, se demander si on a réellement besoin de cette nouvelle pièce. Finalement, acheter moins mais mieux.

Et justement, pour acheter mieux, on vous a préparé un guide de la mode éco-responsable pour vous aider à lire les étiquettes et repérer les vêtements plus éthiques.

Photo by Rio Lecatompessy on Unsplash

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