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“Monde d’après” : est-on sûr de pouvoir se passer du monde d’avant ?

Clément Fournier - Rédacteur en chef

Youmatter

Formé à Sciences Po Bordeaux et à l'École des Mines de Paris aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques, Clément est depuis 2015 rédacteur en chef de Youmatter.

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La crise du coronavirus déclenche les espoirs de bâtir un nouveau monde. Mais est-on réellement prêts à abandonner les avantages du monde d’avant pour bâtir celui d’après ? Pas si sûr.

Quand une crise survient, c’est presque toujours le moment des remises en cause. À chaque fois, on se dit que c’est la dernière fois. Qu’il faudra tout changer. Savoir tirer les leçons et ne pas refaire les erreurs du passé. La crise du coronavirus est à ce titre un exemple saisissant. Depuis maintenant un mois, on voit partout fleurir les échanges sur “le monde d’après”. L’idée : saisir ce moment historique pour transformer notre monde, mettre fin à ce monde d’avant qui nous a mené à la crise.

Et concernant ce monde d’après, les velléités sont nombreuses et variées : plus de justice sociale, plus d’écologie, plus de services publics, parfois plus d’Etat, plus de nation, ou plus d’Europe, c’est selon. Evidemment, sur le papier, ce monde nouveau fait envie. Mais à y regarder de plus près, il n’est pas certain que la transition attendue soit si simple, ni même qu’elle soit si positive. À vrai dire, il est même probable qu’elle demande plus de sacrifices qu’autre chose. Y est-on préparé ? Pas si sûr.

Un monde d’après social : à quel prix ?

Prenons les problèmes un par un, en commençant par la problématique sociale. Naturellement, nombreux sont ceux qui réclament que dans le monde d’après, on soit plus “social”. Par exemple, que les personnels soignants soient mieux rémunérés, que les personnes participant aux activités indispensables de la société bénéficient de meilleures conditions de vie, de travail et de meilleurs salaires.

Evidemment, tout le monde sera d’accord pour ça. Jusqu’au moment, évidemment, où il faudra payer la facture. Car mieux rémunérer des personnels soignants dans les services publics comme la santé, la propreté ou la sécurité, cela veut dire… augmenter les dépenses de l’Etat. Et comme chacun de nous le constate à chaque feuille de salaire, le budget de l’Etat, c’est notre argent. En d’autres termes, pour mieux payer les services publics, il faut souvent augmenter les impôts et les taxes.

Or, la hausse des impôts (et donc la baisse du pouvoir d’achat individuel) fait partie des grands sujets d’achoppement des sociétés occidentales depuis des décennies. Peu de citoyens acceptent sans broncher de payer plus d’impôts. La hausse des impôts est même devenue un spectre pour les Français : années après années, ils montrent leur refus de voir les impôts et les taxes augmenter. La baisse récente des dépenses publiques dans les services de santé ou de sécurité peut difficilement être pensée sans réfléchir à ce spectre. D’ailleurs, les sondages le montrent. Lorsqu’on leur pose la questions, les Français répondent sans hésiter : ils préfèrent que l’on baisse les dépenses publiques (à 75%) plutôt que de voir leur feuille d’impôt augmenter pour maintenir les comptes publics à l’équilibre.

Lorsqu’on creuse, on voit bien que le monde d’après “social” est mal parti : la majorité des Français souhaiteraient que l’on baisse les prestations sociales, les minima sociaux, l’assurance chômage, selon les sondages. Par exemple, en 2018, dans un sondage mené par Libération et Viavoice, on apprend que les Français sont deux fois plus nombreux à vouloir diminuer le montant des aides sociales qu’à vouloir les augmenter. Dans ce contexte, comment envisager l’augmentation de la rémunération des fonctionnaires des hôpitaux ? La rémunération de la masse salariale des hôpitaux coûte près de 50 milliards d’euros par an à l’Etat. L’augmenter, ne serait-ce que de 10%, et ce sans même recruter de nouveaux personnels ou augmenter les places en réanimation, c’est déjà dépenser 5 milliards de plus par an. Plus que ce que rapportait l’ISF. Et tout ça sans même avoir songé à augmenter les autres acteurs des services publics : les agents de la propreté, les gendarmes ou les forces de l’ordre, les professeurs (qui sont parmi les fonctionnaires les moins bien rémunérés d’Europe à qualification égale)…

Bref, un Etat social, qui rémunère correctement ses agents du service public, et qui finance des services publics de qualité, cela coûte cher, très cher. Le monde d’après “social” a un coût. Un coût que quelqu’un devra bien payer. Or, si l’on se dit aujourd’hui prêt à le payer, à l’heure où l’on se rend compte qu’on en a vraiment besoin, en pleine crise, qu’en sera-t-il après, quand il faudra faire des sacrifices pour amortir ce coût ? Aura-t-on vraiment la sagesse de changer de paradigme, et d’accepter que oui, il faut payer plus cher pour la qualité des services publics ?

Un monde d’après moins centré sur le profit : soit, mais comment ?

Evidemment, il y a en théorie bien d’autres manières de financer le budget de l’Etat que d’imposer et de taxer encore et toujours les particuliers. On pourrait par exemple imposer les entreprises. C’est d’ailleurs ce que les Français réclament dans certaines enquêtes d’opinion : que l’on vise en priorité l’imposition des bénéfices des entreprises pour financer les budgets de l’Etat.

Cela va dans le sens d’un monde d’après que beaucoup appellent de leurs voeux, un monde où l’économie et le profit passent après l’intérêt général. Soit.

Mais là encore, il semble que le problème ne soit pas si simple. Car l’économie, le profit, la compétitivité, c’est aussi ce qui fait tourner… l’emploi, le pouvoir d’achat et la croissance. Toutes ces choses qui, il y a encore quelques semaines faisaient partie des priorités des Français. Les sondages menés il y a quelques mois montraient que les priorités des Français par rapport aux finances publiques étaient les mesures permettant la hausse du pouvoir d’achat. Et parmi elles, soutenues par 61% des Français, la baisse des charges pour les entreprises pour relancer l’emploi et la compétitivité.

Et c’est logique : la compétitivité (notamment fiscale) des entreprises fait partie des facteurs qui leur permettent de produire de la richesse, de créer de l’emploi ; richesse et emplois qui à leur tour permettent à l’Etat d’augmenter ses recettes, grâce à l’impôt, aux taxes, à la TVA. On l’oublie parfois un peu vite, mais cette “économie” que l’on accuse de tous les maux, c’est aussi celle qui nous permet de financer l’Etat, nos services publics.

C’est aussi la compétitivité des entreprises et leur recherche permanente du profit qui permet au système économique de produire à bas coût tout ce que nous achetons. C’est tout ce système qui nous permet de changer de téléphone tous les 2 ans pour disposer des dernières innovations. C’est ce système qui nous permet de manger de la viande tous les jours et du chocolat et du café au quotidien. C’est aussi ce système qui nous permet de faire tout ça tout en continuant à partir en vacances, à prendre l’avion, à disposer d’une voiture pour nous déplacer à bas coût et sans contrainte.

On est donc face à une situation ambigüe. D’un côté, on voudrait taxer plus les entreprises pour financer nos services publics, mais d’un autre côté, on voudrait pouvoir préserver leur compétitivité, afin qu’elles continuent à embaucher. On voudrait aussi que les entreprises rémunèrent mieux leurs salariés (pour soutenir le pouvoir d’achat), tout en sachant qu’un coût du travail élevé est un frein à la fois aux recrutements et à l’emploi, mais aussi aux prix bas. On voudrait donc un monde moins tourné vers l'”économie” et le profit, mais est-on réellement prêt à renoncer aux avantages de ce monde : la consommation de masse, le tourisme à bas coût… ? Cela pose la question : comment faire passer l’économie après l’intérêt général quand c’est souvent l’économie qui fonde l’intérêt général ?

Si le monde d’après doit transformer notre rapport à la productivité, au bénéfice, au profit, à la compétitivité économique, il devra le faire en transformant aussi notre rapport au pouvoir d’achat, au confort économique, à la consommation, aux opportunités économiques. En d’autres termes, si l’on veut moins produire, il faudra apprendre à moins consommer, moins acheter, moins profiter. Sortir de la logique néo-libérale. Difficile dans une société qui met le pouvoir d’achat en tête de ses priorités. Difficile aussi dans un monde où une bonne partie de la population peine encore à subvenir à ses besoins de base.

Le monde d’après égalitaire : plus compliqué qu’il n’y paraît

Face à cette ambiguïté, la question de la gestion des inégalités semble fondamentale. Ce qui cloche, en effet, dans le monde d’aujourd’hui (ou celui d’hier, c’est selon) c’est que puissent cohabiter en même temps des situations économiques si fondamentalement inégales.

D’un côté, des salariés constituant la force de travail de base du système (on le constate fort bien avec la crise actuelle), mais disposant à peine des moyens de subsistance que l’on est en droit d’attendre dans une économie dite développée. Et d’un autre côté, une classe d’agents économiques privilégiés, vivant avec 3, 5 ou 10 fois ce dont se contentent les plus pauvres.

Quand on pense au monde d’après, on pense donc forcément à la manière de lisser ces inégalités. En France, le système fiscal permet déjà de redistribuer en partie les cartes, mais pas assez. Les revenus des plus aisés continuent de croître plus vite que ceux des plus pauvres, qui stagnent et encore. On pense alors à des impôts ultra progressifs, des mesures comme l’ISF, une taxation des bénéfices de la plus value financière. En bref : imposer plus ceux qui gagnent le plus pour financer un système qui profite à tous.

Mais là encore, la tache n’est pas si facile. Les études économétriques le montrent : lorsque l’on augmente la pression fiscale (notamment sur ceux qui disposent du plus de capital) ce sont les investissements, notamment étrangers, qui diminuent. En résumé : difficile d’attirer les investisseurs quand ils savent qu’une grande partie de leurs bénéfices seront taxés. Difficile de demander à ceux qui disposent de capital de l’investir là où le retour sur investissement est le plus faible. On observe même que les pays où le poids fiscal est le plus élevé sont ceux qui subissent le plus la fraude et l’évasion fiscale.

Taxer les plus riches, taxer la finance, c’est donc une belle idée, et on devrait d’ailleurs le faire beaucoup plus, pour assurer la justice sociale. Mais en pratique, cela ne peut se faire qu’à condition que de telles mesures suscitent un consensus international, que tout le monde le fasse en quelque sorte. Or tout le monde n’a pas intérêt à le faire. Notamment les pays qui aujourd’hui tirent leur épingle du jeu économique international en proposant un contexte fiscal attractif. À moins de revenir entièrement sur les systèmes de libre échange, il faut donc trouver des mécanismes fiscaux nuancés, progressifs, et c’est loin d’être si facile. Et surtout tout cela impliquerait de mettre d’urgence les moyens dans la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, qui coûtent chaque année des centaines de milliards d’euros aux systèmes sociaux internationaux… tout ça pour alimenter les bénéfices de particuliers qui n’en ont clairement pas besoin.

Reste alors l’option, qui se dessine actuellement dans les banques centrales, d’un financement global de la transition par la création monétaire. Maintenant que le dogme de la neutralité monétaire commence un peu partout à être remis en cause, on pourrait revoir les banques centrales se mettre au service d’un projet politique, qui servirait à la fois au financement des services publics, au lissage des inégalités. Mais à quel prix ? Inflation, instabilité monétaire… Là encore, le futur est incertain.

Et puis surtout, cette question des inégalités et de la justice sociale peut difficilement être pensée sans son contexte global, mondial. Pratiquement tout le marché mondial n’est viable que parce que quelque part, des travailleurs pauvres produisent pour rien ce que l’on consomme à bas prix. Réduire les inégalités, mieux rémunérer les producteurs et les travailleurs mondiaux, c’est accepter, par définition, d’acheter plus cher la majorité de ce dont nous avons besoin. Cela veut donc dire, par définition, perdre du pouvoir d’achat, ou du pouvoir de vivre comme le disent certains, pour en donner à d’autres. Le café est plus cher quand il faut le payer au prix qui permet à ceux qui le récoltent de vivre décemment.

Là encore, la question se pose : tous ceux qui réclament aujourd’hui le monde de demain sont-ils prêts à ces sacrifices ?

Le monde de demain écologique : l’équation impossible

Et c’est encore la même question qui se pose quand on évoque l’enjeu écologique. Le monde d’aujourd’hui est évidemment une catastrophe pour les équilibres écologiques planétaires. Mais encore une fois, changer le système n’est pas simple. Les sacrifices à faire pour parvenir à des sociétés compatibles avec la lutte contre le réchauffement climatique ou la protection de la biodiversité sont tels qu’ils feraient passer le confinement pour une partie de plaisir.

Réduire massivement l’usage de la voiture, diminuer la consommation alimentaire globale des pays occidentaux (et en particulier de produits d’origine animale), en finir presque totalement avec le tourisme de masse, réduire à néant ou presque le transport aérien, interdire la construction d’habitations nouvelles sur des terrains vierges, rationner les achats de matériel électroniques et leur usage, diminuer nos besoins en électricité, diminuer la surface de nos logements… Voilà une liste (non-exhaustive) de mesures que l’on devrait prendre pour parvenir à un monde soutenable sur le plan environnemental. Car en vérité, les études le montrent : le ralentissement économique actuel n’est même pas suffisant pour atteindre nos objectifs climatiques.

Une telle révolution serait profondément incompatible avec notre modèle de consommation actuel. Elle mettrait par terre des dizaines de secteurs économiques, avec leurs entreprises et leurs emplois. Et sans aucune garantie que les emplois créés dans les autres secteurs, bien moins attirants (agriculture, gestion des déchets…) compensent les pertes. Écologique, le monde d’après ? Oui, si l’on accepte une société qui sera nettement moins confortable et facile qu’elle ne l’est aujourd’hui, avec le pétrole disponible à bas coût, les énergies thermiques pilotables, la mobilité à volonté et le reste.

Le monde d’après autonomiste et résilient, vraiment ?

Il en va de même pour ceux qui proposent un certain repli sur soi, un retour aux repères nationaux, une sortie de la mondialisation et du libre-échange, qui permettrait d’en éviter les dérives.

L’idée peut séduire certains, conscients que la mondialisation est au coeur de cette crise, mais… Se passera-t-on des marchés internationaux et de ce qu’ils nous permettent d’avoir ? Se passera-t-on des accords commerciaux et des prix bas qu’ils nous garantissent ? Si l’on doit être autonome et résilients, pourra-t-on l’être sur le plan des ressources, énergétiques par exemple : renoncera-t-on au pétrole saoudien, à l’uranium nigérien, au lithium chinois ou chilien ? Ou acceptera-t-on de les payer beaucoup plus cher dans un monde où le protectionnisme stratégique serait la norme ? Se passera-t-on de l’Europe et de ses marchés, quand on sait qu’ils représentent aujourd’hui près de 60% de nos échanges commerciaux ?

Dans un contexte mondial où tout est fondé sur la négociation entre Etats souverains, il sera sans doute difficile de faire le tri entre la mondialisation qui nous arrange et celle dont on ne veut pas, sans faire de concessions.

La révolution pas si rose du monde d’après

Aujourd’hui, en pleine crise, les commentateurs de tous bords, des nationalistes réactionnaires aux libéraux mondialistes en passant par les autonomistes effondristes, veulent déjà vendre leur monde d’après. Un monde d’après tantôt européen, tantôt écologiste, tantôt nationaliste, tantôt social, tantôt autonomiste, tantôt “développement durable”, tantôt décroissant.

Toutes les propositions sont sur la table, et le champ des possible semble s’ouvrir à l’infini des imaginaires, à une seule condition : plus jamais ça. Mais au milieu des initiatives qui se concurrencent, une réalité passe à la trappe : celle que le monde de demain se construira forcément à partir du monde d’aujourd’hui.

Et ce monde d’aujourd’hui, il faudra être prêt à y renoncer, au moins en partie, si on veut le transformer. Si la crise du coronavirus nous a permis de voir toute son imperfection, toute son absurdité sociale et écologique, il ne faudrait pas qu’elle nous fasse oublier non plus ses avantages. Il ne faudrait pas que l’on discute naïvement des lendemains qui chantent sans oublier que l’on risque de déchanter au moment de faire le tri entre ce que l’on garde et ce que l’on jette du monde d’avant. Tout ne sera pas si rose. Evidemment, des centaines de pistes existent pour améliorer ce système dysfonctionnel, si l’on s’attelle à transformer nos habitudes de vie, de consommation, et si l’on parvient à changer les règles du système international. Mais tout ça est loin d’être simple et ne se fera pas sans concessions.

Parler du monde d’après, y réfléchir, c’est bien. Mais pour ce faire, il faut d’abord être sûr d’être prêt à renoncer au monde d’avant. En tout cas, il faut être honnête et ne pas vendre un monde d’après qui cumulerait à la fois le meilleur d’hier et le meilleur de demain. Car malgré l’enthousiasme qui nous saisit à la croisée des chemins, cela risque de ne pas être si facile.

Photo par Bernard Hermant sur Unsplash

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