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Adaptation au changement climatique : définition, exemples, stratégie des pays…

Dernière modification le 7 Juin 2021

Qu’est-ce que l’adaptation au changement climatique ? Quelle est la différence avec l’atténuation ? Comment les pays la mettent-ils en place ?

Adaptation au changement climatique : définition

Le GIEC définit ainsi l’adaptation au changement climatique dans son glossaire : la “démarche d’ajustement au climat actuel ou attendu, ainsi qu’à ses conséquences. Pour les systèmes humains, il s’agit d’atténuer ou d’éviter les effets préjudiciables et d’exploiter les effets bénéfiques. Pour certains systèmes naturels, l’intervention humaine peut faciliter l’adaptation au climat attendu ainsi qu’à ses conséquences.”

Même si les États prenaient des dispositions drastiques pour réduire dès maintenant leurs émissions de gaz à effet de serre et arriver à des émissions nettes nulles en 2040, la température moyenne augmenterait de 1,5°C par rapport à celle de l’ère pré-industrielle (voir le rapport spécial du GIEC). 1,5°C, cela peut sembler assez peu mais ce réchauffement sera déjà suffisant pour modifier fortement plusieurs caractéristiques de notre environnement. Par exemple, un réchauffement climatique de 1,5°C entraînera une élévation du niveau de la mer située entre 22 et 77 cm. Et ce n’est pas tout : la température dans les régions continentales et océaniques va augmenter, les épisodes de chaleur extrême vont se multiplier dans la plupart des zones habitées, certaines régions connaîtront davantage de périodes de fortes précipitations, tandis que d’autres régions seront touchées par la sécheresse plus souvent.

En définitive, même dans le cas le plus optimiste de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, notre environnement et nos conditions de vie vont changer fortement. Il est donc nécessaire de réagir à ces changements en modifiant nos sociétés : c’est l’adaptation au changement climatique.

Quelques exemples d’adaptation au changement climatique

Le changement climatique va réduire l’accès à l’eau potable et accroître les risques de sécheresse. L’élévation du niveau de la mer pourrait provoquer l’exil d’un millions de personnes d’ici 2050. Le changement climatique aura également des impacts sur la santé humaine et animale avec l’augmentation de maladies infectieuses et la propagation d’espèces invasives. Un réchauffement climatique de plus de 2,5°C pourrait aussi menacer d’extinction environ 20 à 30% des espèces animales et végétales.

Pour faire face à ces impacts, on peut mettre en place plusieurs actions :

  • une utilisation plus rationnelle des ressources en eau
  • la rénovation ou la construction de bâtiments mieux adaptés aux conditions climatiques extrêmes
  • la construction de murs contre les inondations et de digues
  • le déplacement de certaines infrastructures pour s’éloigner des zones inondables
  • le choix de cultures plus résistantes à la sécheresse
  • la création de corridors terrestres permettant la migration des espèces

L’adaptation peut être l’objet d’une stratégie nationale ou internationale mais peut aussi s’effectuer à l’échelle de la communauté ou de l’individu.

Solidarité et justice internationale

Les pays dits du Sud sont plus vulnérables au changement climatique par leur position géographique, leur manque de moyens ou de compétences techniques. Les petits États insulaires en développement tels que les Comores ou Nauru sont, par exemple, particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique. Un changement climatique auquel ces pays participent peu, au regard de leur population. Selon un principe de solidarité et de justice internationales, une partie des mesures d’adaptation mises en place dans les pays du Sud est financée par les pays du Nord. Cependant, selon l’AFD, aujourd’hui, seulement 15 à 20 % des financements climat des banques multilatérales et bilatérales des pays riches concernent l’adaptation.

Adaptation et atténuation du changement climatique

L’atténuation du changement climatique, toujours selon le GIEC, c’est l’ “intervention humaine visant à réduire les sources ou à renforcer les puits de gaz à effet de serre”. Adaptation et atténuation du changement climatique doivent être complémentaires. C’est ce que l’Union européenne établit dans son livre vert de 2007. Nous l’avons vu, même avec les mesures d’atténuation les plus strictes, notre climat va changer. Les mesures d’adaptation sont donc nécessaires dès maintenant.

Cependant, il ne faut pas seulement parier sur l’adaptation. En effet, retarder les actions d’atténuation et subir des changements climatiques plus importants serait dangereux et coûteux : de 5 % à 20 % du PIB, selon les estimations. Les mesures d’adaptation seraient alors plus difficiles à mettre en place et plus coûteuses.

Si l’adaptation a été peu prise en compte jusque dans les années 1990, elle fait son apparition dans les négociations et textes internationaux à la fin du XXème siècle. En effet, les pays ont d’abord privilégié l’atténuation en adoptant le protocole de Kyoto, par exemple. L’adaptation, elle, ne dispose pas d’instruments équivalents.

L’adaptation dans les textes officiels

Au niveau international

En 2018, la Commission globale pour l’adaptation, regroupant 17 pays, a été créée. Un an plus tard, elle a publié son premier rapport sur les mesures pour faire face aux conditions climatiques extrêmes attendues.

L’Union européenne, dans son livre blanc de 2009, pose les bases d’une stratégie d’adaptation à l’échelle de l’Europe.

Au niveau français

En 2011, la France s’est dotée d’un premier Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC) pour 5 ans. Ce plan, issu d’une vaste concertation, présente 200 mesures permettant à la France de faire face à un climat modifié. Ses objectifs sont la protection des personnes, des biens et du patrimoine naturel, tout en luttant contre les inégalités devant les risques. Suite à l’Accord de Paris, en 2015, la France a réévalué son plan national. Elle a créé le PNACC-2 qui s’étend jusqu’en 2022.

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